UNIVERSITÉ DE HANOI
DÉPARTEMENT D’ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRES
ÉTUDE CONTRASTIVE DE LA
TEMPORALITÉ EN FRANÇAIS ET EN
VIETNAMIEN
Application de l’approche pragmatico-sémantique THÈSE Présentée par NGUYEN Duc Nam
Sous la direction du Professeur VU Van Dai
en vue de l’obtention du grade de Docteur en linguistique Hanoi, 2014
1 Table des matières
Table des matières 1
Introduction 2
1.1 Justification de l’étude 2
1.2 État actuel des recherches 2
1.3 Questions de recherche 4
1.4 Objectifs et délimitation de l’étude 4
1.5 Méthodologie de recherche 5
2 Structure de la thèse 6
1.2 État actuel des recherches
De l’époque d’Aristote jusqu’à maintenant, d’innombrables recherches ont été
réalisées dans le but de comprendre le mécanisme d’encodage des informations temporelles
des langues naturelles. Elles visent essentiellement à répondre à deux questions principales, à
savoir : « Comment peut-on décrire la localisation de la situation décrite à l’énoncé sur l’axe
temporelle? » (Question relative à la notion du temps) et « Comment l’organisation
temporelle interne de la situation est-elle décrite ? » (Question relative à la notion de
l’aspect)
1
.
1.2.1 Recherches sur la temporalité des langues et en français.
Dans leurs travaux sur la temporalité dans les langues, les linguistes tels que
Reichenbach (1947), Comrie (1976, 1985) ou Co Vet (1980) distinguent le temps de l’aspect.
D’après ces linguistes, le temps concerne les relations temporelles entre la situation de
l’énoncé et le point de référence. Ce dernier peut être le moment de l’énonciation ou un autre
défini au contexte.
Pour la deuxième question concernant l’aspect, les linguistes distinguent l’aspect
lexical de l’aspect grammatical. Le premier concerne les caractéristiques temporelles
inhérentes de la représentation sémantique formée à partir de l’ensemble d’éléments
linguistiques décrivant la situation-concept. Cette représentation sémantique est appelée
dorénavant le procès
2
. A l’instar de Vendler (1967 ), les linguistes distinguent trois
oppositions en ce qui concerne les caractéristiques temporelles internes, à savoir télique/non
télique, dynamique/non dynamique et durative/non durative En fonction de ces oppositions,
ils catégorisent les procès en quatre groupes, à savoir l’état, l’activité, l’accomplissement,
l’achèvement. 1
fonction du contexte ou des éléments lexicaux entourant le verbe. Les procès tels que <ELLE
COURIR> de l’énoncé « Elle court » sont qualifiés de non téliques. Mais le fait de préciser le
parcours par l’ajout du complément « un km » rend ce procès télique. Le même résultat est
constaté s’il s’agit d’un contexte énonciatif d’un fait habituel.
1.2.2 Recherches sur la temporalité en vietnamien
Par rapport au français, les études sur la temporalité en vietnamien sont peu
nombreuses. De plus, leurs auteurs ne sont pas du même avis, pour ne pas dire qu’ils
s’opposent les uns aux autres. La détermination des moyens de représentation temporelle et
aspectuelle ainsi que de la nature et de la valeur des moyens de représentation temporelle en
vietnamien reste encore ouverte. En fait, les linguistes sont unanimes à reconnaître que les
mots « đã », « sẽ », « đang », « rồi » ont des valeurs temporelles. Cependant, s’agit-il des
mots grammaticaux ou des moyens lexicaux ? La réponse à cette question n’est pas définitive
puisque l’usage de ces mots est très complexe. Dans certains cas, il est optionnel comme « Cô
ấy mệt »/ « Cô ấy đang mệt ». Le mot « đang » dans l’énoncé « Cô ấy đang mệt » a plutôt la
valeur emphatique que celle du mot d’expression temporelle. Par contre, dans certains cas, les
marqueurs sont obligatoires comme « Khi tôi đến, anh ấy đã đi rồi ».
4
Les valeurs sémantico-syntaxiques des marqueurs sont un autre sujet de recherche. En
fait, pour certains linguistes, les mots comme « đã », « đang », « sẽ » servent à marquer les
différences temporelles. Le mot « đã » marque le passé, « đang », le présent et « sẽ », le futur.
Par contre, d’autres chercheurs soutiennent l’hypothèse qu’il s’agit des marqueurs aspectuels.
Pour ces derniers, ces trois mots représentent respectivement les aspects perfectif, imperfectif
et le prospectif.
Une autre limite des études précédentes sur la temporalité est leur méthodologie de
travail. En effet, les linguistes s’intéressant à cette problématique se contentent souvent des
exemples concrets repris hors du contexte ou fabriqués par eux-mêmes. Nous croyons que les
conclusions relatives à la nature et aux valeurs des marqueurs temporels et aspectuels doivent
être renforcées et validées par une analyse d’un corpus bilingue. C’est ce que nous avons fait
dans ce travail de recherche.
Concernant le vietnamien, nous avons déterminé les valeurs temporelles et
aspectuelles des marqueurs ayant une forte fréquence d’emploi tels que « đã », « đang »,
« sẽ », ainsi que leurs interprétations tempo-aspectuelles. L’absence de ces marqueurs fait
aussi l’objet de notre recherche. Nous avons essayé d’expliquer comment les informations
temporelles et aspectuelles sont représentées en vietnamien lorsque les moyens de
représentation explicites sont absents.
Nous avons approfondi notre étude en comparant les résultats à l’issue des analyses de
la temporalité en vietnamien et en français. D’abord, grâce à la théorie de l’analyse
contrastive, nous avons mis en évidence les divergences et les convergences entre les deux
langues en matière d’expression temporelle. Ensuite, nous avons essayé d’établir des
équivalents dans ces deux langues. Nous comprenons que ces équivalents ne sont pas totaux
en raison de plusieurs différences dont celles de la pensée, de la morphologie, de la culture, et
des moyens d’expression. Cependant, la comparaison inter-linguistique nous permet de mieux
comprendre le fonctionnement du système de représentation temporelle et aspectuelle de
chacune de ces deux langues. De plus, elle peut être utile pour les étudiants lors de leur
apprentissage du français langue étrangère (pour les Vietnamiens) et du vietnamien langue
étrangère (pour les francophones).
1.5 Méthodologie de recherche
Afin d’atteindre notre objectif, nous avons eu recours à une combinaison des
approches dont l’approche descriptive, l’approche pragmatico-sémantique, celle de l’analyse
contrastive et celle de l’analyse du corpus. Nous avons fait une brève présentation de ces
approches.
L’approche pragmatico-sémantique est reprise des travaux de W. Klein (1994), de L.
Gosselin (1996) et de M.B. Olsen (1997). Elle est caractérisée par l’analyse des marqueurs
temporels ou aspectuels et de leurs relations avec d’autres éléments linguistiques et
pragmatiques présents à l’énonciation.
L’analyse contrastive consiste à faire la comparaison des deux systèmes de
représentation de temporalité et à déterminer leurs convergences et divergences. Par ce faire,
nous visons à identifier quels traits temporels et aspectuels ces deux langues ont en
Dans ce chapitre, nous avons montré que les théories comme celles de Reichenbach
(1947), Comrie (1976, 1985) et d’autres ne sont plus adéquates pour traiter à fond les
questions de temps et d’aspect. Par conséquent, pour étudier la temporalité en français et en
vietnamien, nous avons opté pour l’approche de Klein (1994) et Gosselin (1996) qui ont
défini le temps comme les relations entre l’intervalle d’assertion (IA) et l’intervalle de
référence (IR).Ce dernier, peut-être l’intervalle de l’énonciation ou un autre défini par le
contexte. L’intervalle d’assertion est celui choisi par le locuteur pour asserter le procès.
Suivant les relations entre l’IA et l’IR, nous avons des temps différents dont le passé (IA
antérieur à l’IR), le présent (IA simultané à l’IR) et le futur (IA postérieur à l’IR).
Suivant les langues, les caractéristiques temporelles peuvent être représentées par
plusieurs moyens dont les formes verbales, les suffixes verbaux ou par des mots, groupes de
mots spécifiques comme le cas de « đã », « sẽ » ou « đang » en vietnamien.
2.1.2 Chapitre2 : Aspect
-Aspect grammatical
L’aspect grammatical est défini par les relations entre l’IA et l’intervalle du procès
(IP). Suivant les relations entre l’IA et l’IP, nous avons de différents aspects du procès. On
peut citer par exemple l’aspect imperfectif quand l’IP couvre l’IA, l’aspect aoristique quand
l’IA est antérieur et disjoint de l’IP. Il est important de noter que l’IA peut être déterminé par
les relations d’anaphore avec un autre intervalle déterminable comme celui des circonstanciels
de temps de l’énoncé ou de l’énoncé précédent, l’intervalle du procès de l’énoncé précédent. 3
Cette approche a été développée par les mêmes auteurs dans les années qui suivent (lire Klein (2006;
2009) et Gosselin (2005, 2010))
7
Il se peut que l’IA soit aussi déterminé par la relation thème-rhème de l’énoncé ou du
contexte.
-Aspect lexical.
Mourir
accomplissement
+
+
+
Courir 100 m
Semelfactif
+
+
Tousser
On constate que le temps, l’aspect grammatical et l’aspect lexical entretiennent des
relations interactionnelles. Nous devons alors tenir compte de leurs valeurs pour déterminer
l’interprétation temporelle et aspectuelle d’un énoncé. Prenons comme exemple l’énoncé
« Quand je suis entré, il travaillait dans le jardin ». Nous avons la valeur temporelle du passé.
L’IA est antérieur à l’IE. La valeur aspectuelle est l’imperfectif. Le procès est catégorisé
comme activité. L’interprétation est que le procès est en cours à un moment antérieur au
moment de l’énonciation.
2.2 Deuxième partie : Analyse pragmatico-sémantique de la temporalité en français.
Cette partie comprend deux chapitres portant sur les analyses des temps verbaux de l’indicatif
en français, formes simples et formes composées et le corpus français.
2.2.1 Chapitre 3 : Analyse des formes verbales de l’indicatif
Dans ce chapitre, nous avons fait une analyse des temps verbaux de l’indicatif, formes
simples et formes composées en français. Ces formes sont étudiées dans le cadre pragmatico-
sémantique qui prend en compte en premier lieu des valeurs temporelles et aspectuelles
typiques des formes verbales ainsi que les interprétations typiques de ces formes. Une fois
déterminées, ces valeurs ou ces interprétations sont confrontés dans des contextes
communicatifs. Ces confrontations servent à nous montrer des interprétations dérivées de ces
formes.
temporelle
absolue
Valeur aspectuelle
Exemple
Passé simple
Passé
Aoristique
Il sortit
Imparfait
Passé
Imperfectif
À huit heures, il se promenait
Passé
aoristique
Le lendemain, Pierre quittait Paris
(imparfait de rupture)
Présent
indicatif
Présent
Imperfectif :
Il se promène
Passé
Aoristique
Cette année-là, C. Colomb découvre
l’Amérique
Futur
Aoristique
Je termine ce travail demain
Futur simple
Futur
Passé
Aoristique du procès
Dès qu’il eut mangé, il sentit mieux
Futur
antérieur
Futur
Aoristique du procès
Dès que tu auras fini ton travail, tu
pourras sortir
Futur
Imperfectif de l’état
résultant
À 7 h, il aura fini son travail depuis
longtemps.
2.3 Troisième partie : Analyse pragmatico-sémantique de la temporalité en
vietnamien.
Cette partie comprend trois chapitres portant respectivement sur : État de lieu des
recherches sur la temporalité en vietnamien, valeurs des marqueurs «đã », « đang», « sẽ » et
absence des marqueurs puis analyse du corpus en vietnamien
2.3.1 Chapitre 5 : État de lieu des recherches sur la temporalité en vietnamien
Notre travail commence par une revue des études précédentes sur la temporalité en
vietnamien. Bien que ces études ne soient pas nombreuses en comparaison avec celles du
même sujet en français ou en anglais, leurs conclusions sont très différentes sur la question de
l’existence ou de l’inexistence de la catégorie grammaticale servant à marquer le temps et
l’aspect en vietnamien, sur la valeur des particules préverbales comme « đã », « đang »
ou « sẽ ». La plupart des linguistes ont estimé qu’il s’agit respectivement des marqueurs du
passé, du présent et du futur. D’autres, comme Cao Xuan Hao (1998, 2002), Do Hurinville
(2004; 2007) réfutent la présence des moyens grammaticaux de représentation temporelle en
vietnamien. Ils considèrent « đã » et « đang » comme marqueurs aspectuels. « Sẽ » est
4
- Il a commencé à dormir et continue à dormir à l’IA.
[ ++++++++++++]+++++++++++++
Le marqueur « đang » représente la relation d’inclusion de l’IA à l’IP. Le marqueur
« sẽ » est spécifique. Il a deux valeurs dont celle du futur et celle du mode marquant la
probabilité.
Par ailleurs, nous avons indiqué les cas où la présence de ces marqueurs est
obligatoire, facultative ou interdite. Prenons par exemple le marqueur «đang ». Il est
incompatible avec les procès d’état nécessaire ou exprimant la vérité générale. Par contre, ce
marqueur est nécessaire pour insister sur l’opposition entre les différents aspects d’une
situation.
Nous avons aussi traité la question de l’absence des marqueurs en vietnamien. En fait,
bien que cette absence soit importante en vietnamien, les linguistes l’ont souvent ignorée ou
qu’ils l’ont notée sans donner d’explications adéquates. Dans notre travail, nous adoptons la
théorie de Smith (2005) présentée dans ses études de la temporalité en mandarin (chinois)
selon laquelle, en l’absence des marqueurs, la détermination des valeurs aspectuelles du
procès doit se faire en premier lieu sur la base de la catégorie du procès. Chaque catégorie de
procès a des valeurs par défaut. La combinaison entre ces valeurs et le contexte nous permet
de déterminer la valeur ainsi que l’interprétation temporelle de l’énoncé en question.
En fait, la détermination de l’IA se fait en premier lieu par la coïncidence avec
l’intervalle défini servant d’antécédent. Cet intervalle d’antécédent peut être celui qui est
introduit par le circonstanciel de temps, l’intervalle de l’énonciation, l’intervalle du procès
décrit dans l’énoncé ou l’IA des énoncés qui précèdent ou qui suivent l’énoncé à étudier. 4
([ ] est le sigle de l’IA. ++++++ est le sigle de l’IP).
11
une analyse du corpus.
2.4.1 Chapitre 8 : Analyse contrastive des deux systèmes de représentation temporelle et
aspectuelle en français et en vietnamien
Les principales conclusions que nous avons tirées de notre étude peuvent être
résumées comme suit : En premier lieu, en matière de représentation, le français utilise les
formes verbales comme indicateurs obligatoires des valeurs temporelles et aspectuelles du
procès décrit. Le vietnamien, par contre, n’est pas doté de moyens grammaticaux propres à
l’expression du temps. Les marqueurs comme «đã », « đang », « sẽ », « đã từng » peuvent
servir à représenter les informations temporelles ou aspectuelles du procès décrit par l’énoncé.
Concernant la notion de temps, par les formes verbales, le français dénote très
clairement les trois relations temporelles entre l’IA et l’intervalle de référence (IR), ce qui
correspond aux trois temps du passé, du présent et du futur. De plus, ces formes distinguent
12
aussi les temps absolues (l’imparfait, le passé simple, le passé composé, le futur simple) et les
temps absolues relatifs (le plus-que-parfait, le passé antérieur, le futur antérieur). Le
vietnamien n’a pas de moyen de représenter directement les relations temporelles. La
détermination du temps se fait souvent en fonction du contexte. En fait, la localisation de l’IA
est faite par les circonstanciels de temps, les relations d’anaphore avec les autres intervalles
temporelles déterminables du texte ou par la relation thème rhème. Par contre, l’intervalle de
référence est déduit du contexte. Il coïncide souvent avec l’intervalle de l’énonciation.
Cependant, cette coïncidence n’est pas toujours disponible. C’est au locuteur de déterminer
l’IR. Et finalement, la relation entre l’IA et l’IR est totalement déduite du contexte et des
connaissances du locuteur sur le procès dont on parle.
Pour ce qui est de l’aspect, le vietnamien et le français ont des moyens de
représentation des différents aspects. Cependant, les divergences de ces deux langues en la
matière sont très importantes. La première est relative à la nature des moyens de
représentation. En français, il s’agit des formes verbales explicites. En vietnamien, les
marqueurs sont les moyens explicites du temps et de l’aspect. Pourtant, ces marqueurs jouent
un rôle différent de celui des formes verbales en français. En effet, ils ne sont pas obligatoires.
sujet de la temporalité. En fait, la définition du temps, de l’aspect grammatical ne sont pas
opérationnelles pour expliquer l’emploi de l’imparfait dans l’énoncé tel que : « Quand on l’a
trouvé dans le jardin, il était déjà mort
Nous sommes d’accord pour conclure que le terme aspect englobe l’aspect
grammatical et l’aspect lexical. Ce dernier est lié aux caractéristiques intrinsèques des procès
et que les oppositions télique/non télique, dynamique/non dynamique, duratif/non duratif
servent de bases pour classer les procès. Cependant, nous avons constaté que les
caractéristiques négatives (non dynamique, non télique ou non durative) peuvent être
changées suivant le contexte ou des changements lexicaux.
L’aspect grammatical dans notre travail est défini comme les relations entre
l’intervalle d’assertion (IA) et l’intervalle du procès (IP). Les langues distinguent plusieurs
aspects dont les plus fréquents sont l’imperfectif (l’IA inclus à l’IP), l’aoristique (l’IP inclus à
l’IA), le perfectif (l’IA entre en intersection avec l’IP à la fin).
Pour l’étude de la temporalité en français, nous nous sommes particulièrement
intéressés aux formes verbales ainsi qu’à leurs relations avec les types de procès pour
déterminer les interprétations temporelles et aspectuelles de l’énoncé en question. Notre
objectif a été de déterminer l’interprétation usuelle d’une combinaison entre une forme
verbale et un type de procès. Nous avons conclu par exemple que le présent de l’indicatif a la
valeur temporelle du présent et la valeur aspectuelle de l’imperfectif. En sa présence,
l’interprétation typique est que le procès est en cours au moment de l’énonciation. Par contre,
en combinaison avec les procès du type d’achèvement, l’interprétation dérivée est que le
procès est décrit comme en dilatation ou en répétition.
En ce qui concerne la temporalité en vietnamien, nous avons utilisé la même approche
appliquée pour le français. Comme le français, le vietnamien a plusieurs moyens de
représentation temporelle dont les plus explicites sont les marqueurs préverbaux, postverbaux,
les adverbes de temps, les conjonctions de temps (rồi, sau đó, tiếp đó….), les circonstanciels
de temps, les subordonnées de temps. À cette liste s’ajoutent d’autres moyens non
linguistiques comme les informations contextuelles, les connaissances du monde des
interlocuteurs.
Des constations et analyses, nous arrivons enfin aux principales conclusions sur la
ainsi que les interprétations de l’énoncé. Les statistiques confirment nos conclusions sur les
valeurs des marqueurs dont « đã », « đang », « sẽ » et « đã từng ». .
Nos conclusions sur la temporalité en français sont vérifiées par des corpus constitués
des échantillons repris des nouvelles du Petit Prince de Antoine De Saint-Exupéry (1943) et
La Parure de Guy Maupassant (1884). Notre analyse des corpus a pris en considération les
paramètres de formes verbales, de la catégorie de procès, les circonstanciels de temps, la
valeur temporelle et la valeur aspectuelle ainsi que l’interprétation de chaque échantillons.
Notre analyse contrastive des systèmes de représentation temporelle et aspectuelle en
français et en vietnamien nous a permis de conclure que : Le français utilise les formes
verbales, moyens explicites et obligatoires de représentation temporelle et aspectuelle. Le
vietnamien n’a pas de forme morphologique spécifique pour cette fonction. Les marqueurs
antéposés ou postposés au verbe sont d’emploi optionnel. Sans ces marqueurs, les
informations temporelles et aspectuelles devraient se dégager en fonction du type de procès,
des informations du contexte.
Nos conclusions de l’étude contrastive des moyens de représentation temporelle et
aspectuelle en français et en vietnamien sont validées par l’analyse du corpus bilingue dont la
15
langue source est le français et la langue cible, le vietnamien. D’après nos statistiques, dans la
plupart des cas, les traductions des formes verbales en français gardent leurs valeurs
temporelles et aspectuelles ainsi que les interprétations temporelles et aspectuelles de
l’original. Les différences de temps et d’aspect avec l’original ont lieu lorsque les traducteurs
veulent créer des effets stylistiques ou par des transformations des énoncés en des
circonstanciels de temps.
Pour mieux identifier les divergences et les convergences entre le français et le
vietnamien, nous avons fait une analyse des corpus bilingues. La version en langue cible est
réalisée par des traducteurs professionnels. Ainsi, les équivalences proposées dans les textes
traduits nous permettent-elles de vérifier si nos conclusions sur le plan théorique sont valides.
Nous avons aussi constaté que dans la plupart des cas, les traductions en vietnamien
n’ont pas de marqueurs. En présence des marqueurs, la concordance est plus importante en
L’analyse du corpus est aussi une nouveauté de notre travail. Comme nous avons
mentionné, dans l’étude de la temporalité en général et dans l’étude de la temporalité en
vietnamien en particulier, l’analyse du corpus se fait de façon limitée et essentiellement dans
une perspective pédagogique. Cependant, aucun auteur n’a mené une analyse du corpus dont
le volume est comparable aux nôtres. De plus, les niveaux de langue et les niveaux contrastifs
qui sont absents dans les études précédentes font également l’objet de notre étude.
5 Nouvelles perspectives de recherche.
Dans notre étude sur la temporalité, il nous reste des questions qu’il ne nous est pas
possible d’aborder dans le cadre d’une thèse de doctorat. La première est la détermination des
séquences des faits. Dans les langues surtout, en vietnamien, comment peut-on savoir que
dans une suite de procès, lequel est antérieur, simultané ou postérieur à un autre ?
Une autre question qui devrait fait l’objet de nos études ultérieures est la détermination
de l’intervalle d’assertion en vietnamien et en français. Nous avons présenté dans la partie des
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questions théoriques et celle de l’analyse de la temporalité en vietnamien, les intervalles
candidats de précédents pour l’IA. Il s’agit de l’intervalle de l’énonciation de l’énoncé en
question, de celui du procès en question, de l’intervalle défini par le contexte… Cependant,
quel est le mécanisme permettant de choisir le bon antécédent parmi ces intervalles ?
Concernant ce point, dans une étude sur la temporalité en vietnamien, nous avons esquissé
quelques préférences. Par exemple, les procès d’achèvement prennent souvent l’intervalle du
procès comme candidat ; les procès duratifs l’intervalle de l’énonciation. Mais il s’agit d’une
étude préliminaire. Il nous faudra investir plus de temps et d’efforts pour discuter de cette
question.
Les tests de détermination des caractéristiques temporelles sont un autre point à
développer. Les linguistes du vietnamien ont souvent reconnu les oppositions des
caractéristiques temporelles internes comme duratif/non duratif, télique/non télique,
dynamique/ non dynamique pour faire le classement des procès comme le suggère Vendler
(1967 ). Cependant, une liste de tests opérationnels n’a pas encore été construite. La
détermination se fait essentiellement par expérience. C’est pour cette raison que nous
tiếng Việt và tiếng Pháp- Mệnh đề phụ chỉ thời gian (Études contrastive des propositions
subordonnées en français et en vietnamien- propositions subordonnées temporelles), Sujet de
recherche de l’Université, 2001, École de langues – Université Nationale de Hanoi, Code :
QN. 01.10
2. NGUYỄN Đức Nam, “Phân tích quan hệ thời thể trong tiếng Việt theo quan điểm
ngữ nghĩa- ngữ dụng học” (Analyse de la relation de temps et d’aspect en appliquant
l’approche pragmatico-sémantique, Tạp chí Khoa học Ngoại ngữ (Science du langage) , N0
36, 2013, Unversité de Hanoi. pp.46-57
3. Nguyễn Đức Nam, “Về chức năng phó từ “đã” trong tiếng Việt”
(fonction du marqueur “đã” en vietnamien, Tạp chí Khoa học Ngoại ngữ (Science du
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Hanoi: Éditions Thế Giới.