Introduction
« Faire du commerce sans publicité, c'est comme faire de l'oeil à une femme
dans l'obscurité. Vous savez ce que vous faites, mais personne d'autre ne le sait.»
Steuart Britt, journaliste américain.
Dévalorisée ou encensée mais toujours aussi regardée, la télévision est aujourd'hui
un phénomène social de première importance qui cristallise tous les excès de l'idéologie
communicationnelle. Elle est un lieu majeur d'investissements de tous ordres de la part des
acteurs économiques et politiques, mais aussi culturels et éducatifs qui lui prêtent des
pouvoirs quasi illimités.
Le XIX
ème
siècle a vu s’installer progressivement un genre nouveau de messages
argumentatifs, destiné, non pas à défendre une opinion ou une cause, mais à promouvoir un
produit et à inciter à son achat: la publicité.
Aimer ou détester la publicité, nous devons tous reconnaître qu’elle est
omniprésente dans notre vie quotidienne: affichages, slogans radiodiffusés, presse et
surtout télévision.
La publicité est une stratégie d'incitation à la consommation ciblant un public
particulier. Elle joue un rôle important d’informer aux clients l’apparition de nouveaux
produits, d’étendre de nouveaux besoins et aussi d’attiser les désirs. D’après Adame J.M.
et Bonhomme M. (2005 : 4), “La publicité est la fleur de la vie contemporaine: elle est une
affirmation d’optimisme et de gaieté, elle distrait l’œil et l’esprit…Vraiment, la publicité
est la plus belle expression de notre époque, la plus grande nouveauté du jour, un Art. Un
art qui fait appel à l’internationalisme, à la psychologie des foules et qui bouleverse toutes
les techniques statistiques ou dynamiques connues, en faisant une utilisation intensive,
sans cesse renouvelée et efficace de matières nouvelles et de procédés inédits.”
Avec les progrès de la télécommucation, les téléspectateurs vietnamiens peuvent
accéder maintenant aux programmes des chaînes internationales et naturellement aux
publicités étrangères. Les marchandises, nées de l’ère de la mondialisation, sont
internationales, mais utilisera-t-on toujours la même publicité pour un même produit dans
tous les pays? La réponse n’est pas souvent positive. Des spectateurs francophones
chansons, des films, etc., mais rarement à la publicité. Elle est pourtant entrée solidement
dans notre vie quotidienne et reflète le mode de vie de la société contemporaine. La
publicité est alors un outil à ne pas négliger.
Nous aimons bien le slogan de la marque Kiabi: Kiabi habille à la mode. Le jour où
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nous avons vu ce slogan dans un hypermarché en France, très surprise, nous nous
demandions: Quoi? Kiabi, c’est bien «qui habille»? C’est un jeu là! Depuis, nous répétions
souvent ce slogan: Kiabi habille à la mode. Puis un jour, à Hanoï, nous avons acheté une
robe qui n’est pas de notre style mais puisqu’elle est un produit de Kiabi. Et nous
commençons à chercher des vêtements de Kiabi…
Avec cette petite expérience réelle (nous posons toujours la question pourquoi nous
sommes séduites par Kiabi), en plus avec la nouvelle exigence de l’Université de Vinh, où
nous travaillons comme professeur de français, selon laquelle nous devrons enseigner le
français spécifique aux étudiants en économie, en commerce extérieur,…et aussi devant
l’extension actuelle du phénomène, devant sa complexité et son caractère polymorphe,
nous avons décidé de faire une recherche sur la publicité télévisuelle, sous l’angle
linguistique et extralinguistique.
Le mémoire abordera donc deux problèmes: l’argumentation et les structures
argumentatives de la publicité télévisuelle.
Questions et hypothèses de la recherche:
Fondamentalement, dans ce cadre, nous allons répondre progressivement aux
questions suivantes:
- Quelles structures argumentatives utilise-t-on dans les spots publicitaires
télévisuels pour les produits de beauté et produits alimentaires?
- Comment ces structures argumentatives sont-elles mises en place ou plus
précisément quels rôles jouent les composantes verbales, paraverbales et non-
verbales d’un spot publiciaire dans ces procédés de la mise en argumentaiton?
Suite à ces questions et des observations de notre corpus, deux hypothèses de
recherche suivantes sont formulées:
Hypothèse 1: la structure de base de l’argumentation publicitaire, comme autres types
traîter des données de notre corpus.
Dans le cadre de notre mémoire, nous n’étudierons que les schémas argumentatifs
de base des 40 spots publicitaires de la chaîne TV5 monde et de TF1 et seulement dans les
deux secteurs que nous estimons apparaître le plus de publicités: produits de beauté et
produits alimentaires.
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Nous organisons ce travail en trois chapitres:
Dans le premier chapitre, nous exposerons brièvement la théorie de
l’argumentation, pour savoir comment s’élabore une argumentation, plus précisément dans
cette partie nous étudierons les procédés de la mise en argumentation, la structure
argumentative de texte et l’enchaînement entre les données et la conclusion.
Nous analyserons au deuxième chapitre tout d’abord la définition de la publicité, et
puis celle de la publicité télévisuelle ainsi que ses constituants et les conditions d’obtenir
une publicité réussite. Une méthode de description et de classification des spots
publicitaires y sera ensuite présentée, ayant pour objectif de dégager les types de publicité
télévisuelle et leur structure représentative.
Le troisième chapitre présentera l’analyse du corpus recueilli à l’aide des grilles qui
regroupent toutes les trois composantes de la publicité télévisuelle: composantes verbales,
paraverbales et non-verbales. L’analyse des résultats des enquêtes nous permettra encore
de confirmer les hypothèses de recherche et d’en tirer des conclusions.
A partir des observations retenues, nous donnerons des orientations
méthodologiques au niveau d’apprentissage et d’enseignement. Ce sera un des contenus de
notre conclusion.
Dans le cadre de notre mémoire, nous essayerons de répondre à nos questions de
recherches et à nos hypothèses formulées. Nous espérons enfin que notre étude pourra
d’une part être utile dans un cours de langues et apporter d’autre part un éclairage aux
préoccupations des enseignants soucieux du même problème.
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Chapitre 1: Argumentation
On distingue deux fonctions des actes de langage (Tanase N., 2003 : 6): la fonction
critique, dialectique, concessif, par analogie, par l’absurde…) et d’une progression
argumentative où ils sont souvent articulés entre eux par des connecteurs logiques.
Persuader, c’est agir sur la sensibilité du destinataire par différents procédés
rhétoriques et oratoires pour obtenir son adhésion spontanée à une thèse:
- les figures de rhétorique (tout ce qui est de l’ordre de l’esthétique, et non de la
raison)
- les procédés oratoires liés à l’énonciation et à la modalisation (s’impliquer soi ou
impliquer son destinataire dans l’énonciation)
- l’apostrophe, l’interrogation rhétorique et l’exclamation (procédés d’emphase qui
procède d’une théâtralisation de l’énoncé)
2. Les procédés de la mise en argumentation
D’après Charaudeau P. (1992 : 814), « la mise en argumentation consiste, pour le
sujet qui veut argumenter, à utiliser des procédés qui, compte tenu des diverses
composantes de ce mode d’organisation, doivent servir l’enjeu de communication qui est
le sien, en fonction de la situation et de la manière dont il perçoit l’interlocuteur (ou le
destinataire). »
La fonction essentielle de ces procédés est de valider une argumentation, c’est-à-
dire de montrer que le cadre de questionnement est justifié. Et pour cela, il faut trouver des
preuves.
Les différents procédés de la mise en argumentation contribuent donc à mettre en
place ce qui tend à prouver la validité d’une argumentation.
Les procédés qui s’appuyent à la valeur des arguments sont les procédés
sémantiques.
Les procédés qui utilisent des catégories linguistiques dans le but de produire
certains effets de discours sont les procédés discursifs.
2.1. Les procédés sémantiques
Ces procédés utilisent un argument qui repose sur un consensus social du fait que
les membres d’un groupe socio-culturel partagent certaines valeurs, dans certains domaines
d’évaluation.
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- concernant le domaine de la vérité:
Ex:“Avec X vous retrouverez votre vrai visage”
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- concernant le domaine de l’esthétique:
Ex:“La beauté ne s’invente pas”
- concernant le domaine de l’éthique:
Les valeurs peuvent être de solidarité, fidélité, honnêteté, etc. On les trouve
principalement dans le discourse politique:
Ex:“Loin de concerner les seuls élèves, parents, enseignants de l’actuel lycée, cette grave
question est en fait l’affaire de tous”
- concernant le domaine du pragmatique:
Les valeurs de ce domaine sont fondées sur l’expérience qui s’appuie tantôt sur ce
qui est habituel, durable, fréquent et s’inscrit donc dans une norme de comportement,
tantôt sur ce qui est singulier, original, unique et s’inscrit donc dans une différence par
rapport à la norme de comportement.
Ex:“Avec la méthode X, apprenez, vous aussi, à écrire sans faute”
“Ecoutez la différence”
- concernant le domaine de l’hédonique
On ne s’étonnera pas que la publicité en soit le lieu privilégié.
Ex:“La laine, plus on la porte, plus on l’aime”
“Pas de plaisir sans X”
2.2. Les procédés discursifs
Dans le cadre d’une argumentation, les procédés discursifs consistent à utiliser
ponctuellement ou systématiquement certaines catégories de langue, ou les procédés
d’autres modes d’organisation du discours pour produire certains effets de persuasion.
On relèvera principalement: la définition, la comparaison, la citation, la description
narrative, l’accumulation et le questionnement.
La définition consiste en particulier à décrire les traits sémantiques qui caractérisent
un mot en propre, dans un certain type de contexte.
Dans le cadre d’une argumentation, la définition est utilisée à des fins stratégiques.
par un autre locuteur que celui qui cite, pour produire dans l’argumentation un effet
d’authenticité.
La citation joue un rôle de source de vérité qui témoigne d’un dire, d’une
expérience, d’un savoir.
Ex: “Parce qu’il dit qu’il l’a vu”
L’accumulation utilise plusieurs arguments pour servir une même prevue. Cela peut
être fait par une simple accumulation, une surenchère ou une tautologie.
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Ex: “Moi c’est moi et lui c’est lui. Moi je fais ça parce que c’est moi, et lui fait autrement
parce que c’est lui.”
Le questionnement consiste à mettre en question un propos, dont la réalisation
dépend de la réponse de l’interlocuteur.
Le questionnement à valeur argumentative correspond à un type de validation
hypothétique: “Est-ce que…? (alors)…” équivaut à: “Si…, alors…”
Ex:“Est-ce que vous avez des piles dans la radio? Sinon elle ne fonctionnera pas.”
(Si vous n’avez pas mis des piles dans la radio, alors la radio ne fonctionnera pas).
Le questionnement argumentatif peut avoir plusieurs visées: incitation à faire, proposition
d’un choix, vérification du savoir,…
3. Opérateurs argumentatifs, connecteurs argumentatifs et topoï
Selon Moescheler J. (1985 : 61), « un opérateur sémantique est un relateur
propositionnel, alors qu'un connecteur pragmatique est un relateur d'actes illocutoires. »
Toujours d’après J.Moescheler, l'opérateur argumentatif est un morphème qui,
appliqué à un contenu, transforme les potentialités argumentatives de ce contenu.
Le connecteur argumentatif est un morphème (de type conjonction, adverbe,
locution adverbiale, groupe prépositionnel, interjection, etc.) qui articule deux ou plusieurs
énoncés intervenant dans une stratégie argumentative unique. Contrairement à l'opérateur
argumentatif, le connecteur argumentatif articule des actes de langage, c'est-à-dire des
énoncés intervenant dans la réalisation d'actes d'argumentation.
Il serait intéressant d'étudier la manière dont ces connecteurs articulent le discours
pour former des schèmes argumentatifs, des unités textuelles argumentatives. J.Moescheler
Si nous écartons pour l'instant les argumentations inductives, il faut donc, dans
toute argumentation déductive, bien distinguer le topos spécifique, qui forme la prémisse
générique, du topos commun, qui garantit et légitime la conclusion à partir des prémisses.
4. Structure de texte argumentative
4.1. Structure argumentative de texte
Nous rappelons qu’une argumention est constituée de trois éléments:
(1) Des prémisses: ce sont les affirmations, les éléments de preuves qui vont être avancés
afin de défendre, soutenir et/ou justifier une conclusion.
(2) Des liens, des connexions: qui existent entre les prémisses et la conclusion.
(3) Une conclusion: il s’agit de l’affirmation que l’on veut défendre, soutenir et/ou
justifier.
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On peut représenter ce qu’est une argumentation par le schéma suivant:
La structure globale d’une argumentation se décompose donc en trois moments: les
prémisses, les arguments et la conclusion (ou thèse). Mais, selon Moirand S. (1990 : 145),
l’ordre peut être différent et l’on trouve également:
(1) Les prémisses - la thèse - les arguments
(2) L’anthithèse - les prémisses - les arguments et contre-arguments - la conclusion
(3) La conclusion - les prémisses - les arguments
Toujours d’après Moirand, l’un des éléments peut être implicite (non verbalisé), par
exemple les prémisses dans l’argumentation publicitaire, ou visualisée par une photo ou un
dessin dans la communication professionnelle. De plus, l’autorité dispense parfois le
locuteur, s’il l’a de droit, de donner des arguments.
Et voici la présentation visuelle de la structure de texte argumentative:
Structure de texte argumentative Texte général
- 1
er
paragraphe (et parfois plus):
- Prémisse
- sujet amené;
propositions (également appelées prémisses) conduisant à une conclusion. Par exemple,
«Tous les hommes sont mortels, or les Grecs sont des hommes, donc les Grecs sont
mortels» est un syllogisme; les deux prémisses (dites majeure et mineure) sont des
propositions données et supposées vraies permettant de vérifier la véracité formelle de la
conclusion.
Le syllogisme permet de mettre en rapport dans une conclusion deux termes , le
majeur et le mineur, au moyen d'un moyen terme. Le majeur et le mineur ne doivent
apparaître qu'une fois chacun dans les prémisses, le moyen terme est présent dans chaque
prémisse (puisqu'il permet la mise en rapport des deux autres termes) tandis que la
conclusion expose le rapport entre le majeur et le mineur, de sorte que le syllogisme est un
rapport de rapports:
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Termes
Prémisse majeure
moyen
majeur
Tous les hommes
nt
mortels
or
Prémisse mineure
mineur moyen
Tous les Grecs
nt
hommes
donc
Conclusion
mineur
Elle n’en agit que mieux, Il vaut donc mieux l'étudier
1. Qu’est-ce que la publicité ?
La publicité est considérée comme toute communication ayant comme but direct ou
indirect de promouvoir la vente de produits ou de services, y compris les biens immeubles,
les droits et les obligations, quel que soit le lieu ou les moyens de communication mis en
œuvre.
Au sens le plus large du terme, la publicité englobe tous les moyens utilisés par des
particuliers et des organismes pour faire connaître les produits et les services qu'ils ont à
offrir et donner d'eux mêmes une image positive. Toutefois, les commentateurs préfèrent
généralement une définition plus restrictive selon laquelle le terme ne s'applique qu'à la
publicité directe faite dans les moyens d'information de masse, les dépenses
correspondantes comprenant le coût de la création des annonces publicitaires elles-mêmes
et celui de l'achat d'espace ou de temps pour leur diffusion.
La publicité est un des aspects de la communication commerciale, c'est-à-dire un
des quatre éléments d'action sur le marché (le produit, le prix, la distribution, la
communication). Elle se donne pour premier but d'attirer l'attention du client sur le produit
ou la marque, puis de familiariser le consommateur avec lui afin de faire aller de soi l'acte
d'achat. C'est pour atteindre cet objectif que la publicité cherche comment toucher, puis
convaincre, séduire 1'acheteur potentiel.
En second but, elle cherchera éventuellement à:
- créer un besoin (je n'ai jamais utilisé ce produit, mais au fond pourquoi pas?)
- persuader que le produit répond au besoin (je serais plus heureux si j'en avais un)
- et parfois convaincre qu'il le fait mieux que d'autres produits.
On parle de publicité cognitive (faire connaître), conative (faire bouger, acheter) et
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affective (faire aimer). Le mot média désigne le canal par lequel cette incitation est
délivrée: annonce dans un journal, spot publicitaire à la radio ou à la télévision, affiche sur
la voie publique,
La publicité est une forme de communication. Elle peut concerner:
- un bien de consommation (nourriture, électroménager,…), un service (assurance,
choix, regarder ou zapper.
Regarder la télévision se fait la plupart du temps dans un lieu privé. Les
téléspectateurs ne regardent pas spécialement les publicités qui sont insérées dans leur
programme, mais les subissent. Pour parer à ces inconvénients, les publicitaires ont recours
à des adoucisseurs sous la forme d’images agréables, de beaux acteurs, de musiques
douces, de formes harmonieuses, Les annonceurs utilisent des accroches (ouvertures) qui
intriguent les téléspectateurs et les invitent à poursuivre leur vision du clip. Pour le
développement, ils ont recours à des stratégies différentes attirant le téléspectateur et
l’encouragent à aller jusqu’au bout.
2.2. Constituants de la publicité télévisuelle
2.2.1. Le signifiant iconique
En publicité, le champ de l’icône se fixe principalement sur l’image (ou le visuel),
avec ses deux propriétés paradoxales:
- D’un côté, elle est intransitive, se montrant dans son évidence, sa compacité et sa
présence envahissante, ce qui explique son grand pouvoir de mémorisation.
D’après une expérience menée de Dale rapporté par Adame J.M. et Bonhomme M.
(2005 : 56), 30% des gens se souviennent de ce qu’ils voient et seulement 10% de ce qu’ils
lisent. En cela, la sphère du visuel renferme dans sa nature même un potentiel info-
persuasif élevé.
- D’un autre côté, l’image publicitaire se caractérise par sa transivité. Toujours
image de quelque chose et se développant dans la monstration, elle possède un signifiant
motivé par l’objet qu’il désigne et ayant une ressemblance figurative avec lui, quand le
langage se contente de renvoyer à ses objets. Cela ne signifie pas qu’en publicité le visuel
recopie passivement les données du monde, mais il fabrique à son niveau un analogon de
réalité qui l’érige en ancrage référentiel de l’annonce.
Nous énumérons maintenant les quatre caractéristiques élémentaires de l’image
publicitaire:
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- Sa dimension faiblement séquentielle (peu de marqeurs chronologiques ou
syntaxiques) et largement tabulaire, avec sa spacialité, son organisation synthétique et sa
des marques, surtout les jeunes qui deviennent des objets publicitaires ambulants avec des
noms de marque des pieds à la tête. «La marque est une Bible de signes qui deviennent très
vite envahissants» (Descamps M.A., 2006 : 1). Elle est d’abord un nom connu de tous
grâce à la publicité, un logo, un jingle puis elle acquiert une histoire et voudrait faire partie
de l’histoire. Une marque finit par être une image qui s’impose à tous et se fait reconnaître
à travers tous les médias.
Le concept général de marque se décompose en 2 sous-catégories:
- Marque de la firme: caractérisée par sa durée dans le temps, elle est en général
arbitraire, liée au patronyme de ses fondateurs (Vichy, Hugo Bosse…) ou au relativisme
de la langue qui l’a vue naître (Magna beads, Free dent, Eau Saint Armand).
Tout en participant au conventionnalisme du signe linguistique, la marque contient
une orientation incitative qui opère comme argument de vente: c’est sa fonction
globalement persuasive.
- Nom du produit: D’une durée plus ou moins longue selon la conjoncture
économique, l’appellation du produit découle toujours d’une nomination volontaire de la
part de ses promoteurs. Ordinairement le nom du produit forme un condensé de
dénomination et de mini-description orientées positivement, ce qui lui confère d’emblée
une portée argumentative découlant de divers procédés:
- mise en évidence de ses effets bénéfiques: Eau Fresh de Bogart
- mise en évidence de ses composantes scientifiques: Fluogum des Laboratoires
Goupil
- mise en évidence de son univers mythique: Symbiose de Stendhal
Le nom du produit doit être euphonime, évoquer l’utilité du produit ou l’image que
l’on veut lui donner. Mais le principal est qu’il doit être facilement mémorisable.
2.2.2.2. Le slogan, constituant condensé
Quand la marque assure en priorité un rôle d’étiquetage linguistique du produit, le
slogan est une composante phatique et conative, visant le contact et la pression sur le
public. Il se présente, en effet, comme une proclamation de l’annonceur en vue de susciter
une réaction spontanée et affective chez son récepteur.
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sans la marque, enfin quand elle le décrit de façon plus ou moins développée: ses qualités,
son mode d'emploi, les circonstances de son utilisation, etc.
On a un acte attributif quand elle attribue une qualité à un produit, lorsqu'elle
présente d'abord une valeur (mise en scène) et ensuite le produit, qui apparaît en
surimpression ou en position de signature.
On a un acte informatif lorsque la publicité annonce un produit nouveau: elle se
présente comme accomplissant un acte d'information.
Le recours à l'acte constatif a une fonction argumentative. Il permet de ne pas
donner l'impression d'exercer une pression directe sur l'auditeur.
L'acte indirect permet également d'accomplir simultanément les trois fonctions que
doit, d'après les publicitaires, remplir la publicité: l'information, la suggestion (la publicité
crée le désir mimétique en affirmant la conjonction du destinataire avec l'objet) et la
gratification (la publicité agit également pour rassurer l'auditeur après l'achat en produisant
une image positive du produit).
Le discours publicitaire est un texte implicitement argumentatif. Sur le plan
pragmatique, il est moins expressif que l’image, c’est pourquoi il est le lieu idéal pour
développer l’argumentation publicitaire.
2.2.3. Le logo - un signifiant composite
Version moderne des enseignes et de nature idiolectale comme le slogan, le logo
constitue un signifiant publicitaire équivoque ou une image-mot, fluctuant entre le langage
et le dessin.
Avec le nom de la marque, le logo constitue la signature de l’annonce et remplit
deux fonctions argumentatives (Adame J.M. et Bonhomme M., 2005 : 64):
Premièrement, il assure la fonction de saisie immédiate de la marque. Etant une
véritable image d’identité d’une entreprise, il doit être identifiable et
mémorisable en un coup d’œil par la compacité de son emblème, notamment
lorsqu’une initiale inductrice, comme le S de Suzuki, en enclenche la lecture;
Deuxièmement la fonction de valorisation du concept de la marque, souvent
suggérée par le signifiant iconique. C’est ainsi que le globe bleu de Kuoni concrétise
connaissances que l'auteur a du destinataire-vu sous la forme du public cible.
Dans le cas des publicités dialoguées, les choses se compliquent un peu du point de
vue de l’interlocuteur. En revenant à l'analogie avec la théorie littéraire, on peut se
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demander: à qui s'adresse le message d'un personnage, à l'autre personnage ou au lecteur?
De plus, on doit imaginer deux personnages d'un roman qui concentrent en deux-trois
répliques toute l'intention de l'auteur. S'adressent-ils l'un à l'autre? Apparemment, oui. Mais
tout est pure convention. L’interlocuteur reste toujours le client potentiel.
Dans la réalité sociale, l’interlocuteur est pratiquement toute personne qui voit
(entend, perçoit en quelque manière) la publicité:
- Schwarzkopf: la qualité professionnelle pour vous (Corpus, publicité pour
Schwarzkopf)
En fait, le message est construit pour un certain type de récepteur, déterminé du
point de vue socio-professionnel, du point de vue du sexe, de l'âge,… Des fois, cela
devient évident par la construction même du message:
- L’énergie des céréales complètes se libèrent progessivement, elle aide les enfants
à tenir toute la matinée et à rester en forme jusqu’à l’heure du déjeuner (Corpus, publicité
pour Chocapic Netslé)
Voilà un exemple de publicité adressée aux enfants explicitement. Dans d'autres
cas, comme les publicités pour les crèmes, les shampooing… le public cible est souvent
suggéré par les personnages y présents.
2.4. Conditions de réussite d’un discours publicitaire
Le discours publicitaire offre un exemple éloquent d'acte de langage complexe
indirect. Qu'est-ce que nous entendons par cela? Le discours publicitaire accomplit en effet
un acte directif: déterminer quelqu'un à faire quelque chose. «L'acte illocutoire dominant
de la plupart des publicités est explicitement constatif et implicitement directif» (Adam
J.M. et Bonhomme M., 2005 : 25). Il s'agit donc d'un acte indirect, mais on ne peut pas
faire une analogie parfaite avec des énoncés tel «Peux-tu me passer le sel?» que
l’interlocuteur décode comme «Donne-moi, s'il te plaît, le sel!». La plupart des actes
illocutoires élémentaires sont de la forme F(P): ils se composent d'une force illocutoire F
On obtient, par conséquent, un premier ensemble de récepteurs qui pourraient
acheter le produit X.
2.4.2. La condition de sincérité
« L veut que A fasse Q. » (Blanchet P., 1995 : 37).
La condition de sincérité n'est pas un critère réel de sélection à cause de deux
raisons: d'abord elle tient exclusivement du locuteur et, de ce point de vue est strictement
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