ÉTUDE DE L’UTILISATION DES STRATÉGIES DE LECTURE DES ÉTUDIANTS EN 2è ET EN 3è ANNÉES DU DÉPARTEMENT DE FRANÇAIS ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE DE HANOI - Pdf 10

PROBLÉMATIQUE
1. Raison du choix du thème de recherche
Depuis longtemps, le rôle des stratégies de lecture ne fait plus l’objet de débats des
pédagogues. Il a fait l’unanimité chez tous les chercheurs dans le domaine de lecture.
Les enseignants et les apprenants commencent à faire attention à utiliser les stratégies
de lecture en lisant un texte. Pourtant, il est à noter que les stratégies sont très
efficaces mais encore peu utilisées au Vietnam.
Étant enseignante de français au Département de français de l’École Normale
Supérieure de Hanoi, nous avons travaillé avec nos étudiants sur la compréhension de
textes et nous avons remarqué que de nombreux étudiants rencontrent des difficultés
en lecture malgré leur bon niveau de connaissances linguistiques. De plus, avec notre
expérience d’enseignement, nous constatons que tous les étudiants ayant de bonnes
connaissances linguistiques ne sont pas ceux qui ont de bonnes notes en C.E. Il est
étonnant qu’ils comprennent presque tous les mots, les phrases d’un texte mais ils
n’arrivent pas à la compréhension de tout le texte.
Il nous semble que les difficultés en compréhension d’un texte que les étudiants
rencontrent sont liées en grande partie à l’absence, au manque ou à l’utilisation
inadéquate des stratégies de lecture. Afin de clarifier ce problème, nous nous
sommes orientée vers l’étude de l’utilisation des stratégies de lecture dans la
compréhension d’un texte, plus concrètement, chez les étudiants du Département de
français de l’E.N.S de Hanoi où nous travaillons actuellement.
2. But de recherche
Notre recherche vise à étudier l’utilisation des stratégies de lecture chez nos
étudiants. Les résultats obtenus nous permettront d’expliquer la lecture moins
efficace chez nos étudiants et de donner des propositions méthodologiques et
pédagogiques pour améliorer la compétence de lecture des étudiants de notre
établissement.
1
3. Questions et hypothèses de recherche
Afin de réaliser notre but de recherche, nous essayons de répondre aux questions
suivantes :

et 3
è
années du Département de français de l’E.N.S de Hanoi. Le
questionnaire est composé de 15 questions sous forme de QCM et sa construction
s’inspire de celui de Cornaire (1991 : 117-118) et de Cécile Desoutter et Claudia
Zoratti (« Questionnaire sur les stratégies de lecture, 2001). Ces questions visent à
déterminer si le lecteur pratique ou sait utiliser les stratégies de lecture en lisant un
texte.
- D’autre part, nous demandons de faire un test de compréhension pour rassembler
des données langagières. Ce test est accompagné des questions demandant de préciser
les processus mentaux, des opérations intellectuelles que les sujets effectuent lors de
leur réalisation de la tâche de lecture. Les résultats obtenus mètreront en lumière les
processus de raisonnement et d’application des stratégies de lecture chez les sujets.
Ils nous permettent aussi de mesurer le niveau de compréhension et la maîtrise des
stratégies de lecture chez les sujets.
En ce qui concerne l’élaboration des questions du test, nous faisons toujours attention
à la constitution des questions portant sur les stratégies à mobiliser en lecture, en
particulier à des questions exigeant la combinaison des stratégies différentes. Nous
avons élaboré un test unique destiné aux deux niveaux différents : 2
è
et 3
è
années. Le
texte à lire est repris dans le manuel « Delf B1 200 activités » (p.42). Ce texte est fait
selon le nouveau dispositif du DELF et répond bien aux exigences du Cadre européen
commun de référence (CECR). De plus, le choix d’un test unique aux deux niveaux
nous aide à bien mesurer l’influence du niveau de langue sur l’utilisation des
stratégies de lecture en C.E des étudiants sans nous inquiéter sur le degré de difficulté
du texte (plus important chez les sujets de 2è année que chez les sujets de 3è année):
c’est parce que le niveau de Delf B1 correspond à un enseignement allant de 200 à

connaissances qu’il possède sur le monde, sur le sujet et sur la langue pour émettre
des hypothèses et faire des prédictions qu’il pourra par la suite confirmer ou infirmer
en recourant aux indices sémantiques et morphosyntaxiques retenus. Ainsi, la
signification globale du texte est construite dès le début de la lecture à partir d’une
hypothèse (idée générale). Au fur et à mesure de sa lecture, le lecteur retient de
nouveaux indices grâce auxquels il vérifie l’hypothèse de départ et formule de
nouvelles hypothèses lui permettant l’accès au sens. En bref, les modèles descendants
sont déductifs, ils procèdent du tout à la partie
5
3. Modèles interactifs : Les modèles interactifs se fondent sur un mélange des deux
premiers. Ils combinent les points forts des modèles ascendants et descendants en
insistant sur l’interaction entre les deux : les systèmes de niveaux inférieurs et
supérieurs sont pris tous les deux en considération. Ainsi, pour construire le sens du
texte, le lecteur peut utiliser des stratégies relevant de ce modèle ou de l’autre ou des
deux à la fois selon la quantité d’information contextuelle contenue dans le texte. Il
recoura à des stratégies du modèle ascendant si l’information contextuelle est faible
ou inexistante et à des stratégies du modèle descendant si le texte est riche.
III. La compréhension en lecture
1. Le schéma des composantes de la lecture
2. Les trois facteurs de la lecture
La compréhension en lecture est fonction des trois variables indissociables : le
lecteur, le texte et le contexte qui exercent entre elles des interactions étroite.
2.1. Le lecteur, la lectrice
Cette composante représente ce qu'est le lecteur ou la lectrice, ce qu'il fait et ce qu'il
sait. Il ne se présente pas « vierge » ou « vide » devant un texte, mais il travaille le
texte avec son bagage pré acquis (Adam, 1998). En bref, ses connaissances sur la
langue, ses connaissances sur le monde, son attitude générale, ses goûts, ses besoins
ainsi que sa perception de lui-même en situation d'apprentissage vont aussi intervenir
dans sa compréhension. De plus, la capacité de prendre des risques et la peur de
l'échec peuvent également influencer sa compréhension d'un texte. En outre, il est

3. 1. La prélecture
La prélecture est une étape importante qui facilite l’entrée dans un texte. C'est le
moment de la mise en situation où l’élève prend connaissance de l'intention de
lecture, fait le point sur ses connaissances du sujet, de la structure ou du genre de
texte et commence à faire des prédictions, à émettre des hypothèses sur le genre
7
littéraire, la structure du texte ou sur toutes autres informations contenues dans le
texte.
3. 2 La lecture
C'est l'étape où l'élève - lecteur lit le texte et met en œuvre les différentes stratégies
qui lui permettront de gérer sa compréhension en fonction de son intention de
lecture. Ainsi, il peut vérifier les hypothèses émises lors de l'étape de pré lecture,
organiser les informations qui se présentent, traiter ces informations en les
confrontant à ses connaissances antérieures et en venir à se poser des questions
nouvelles qui amèneront d'autres hypothèses.
3. 3 La post lecture
C'est l'étape où l'élève réfléchit sur ce qui a été fait, comment cela a été fait, sur les
difficultés rencontrées et sur ses acquisitions au niveau du contenu général et
linguistique.
C'est aussi à cette étape qu'il réagit, analyse et évalue ses nouvelles connaissances
pour se les approprier. Cela lui permet de s'approprier le processus de lecture et de
l'utiliser dans d'autres situations d'apprentissage.
4. Les niveaux de compréhension en lecture
Selon Bloom, il existe quatre niveaux de compréhension en lecture :
4.1. La compréhension littérale : C'est comprendre les informations ou les idées
données de façon explicite par l'auteur dans un texte.
4.2. La compréhension inférentielle ou interprétative : C'est comprendre des
informations implicites qui ne sont pas clairement exprimées dans le texte.
4.3. La compréhension critique : Le lecteur porte un jugement sur le texte de sa
façon.

la variable « lecteur », tous les facteurs (connaissances linguistiques, connaissances
du domaine abordé du texte…) influencent sur ses traitements cognitifs et son niveau
de compréhension que sur son choix de stratégies de lecture. Le lecteur peut alors
9
choisir des stratégies appropriées mais il ne les utilise pas aussi efficacement que les
autres.
En résumé, pour choisir une stratégie de lecture, il faut prendre en compte de deux
critères suivants : les objectifs de lecture et le texte à lire.
2.1. Objectifs de lecture :
Chaque lecteur a ses raisons pour lire. En général, on lit : pour s’informer, pour
pourvoir agir, pour le plaisir ou pour se former.
2.2. Le texte à lire
2.2.1. Les types de textes
Selon la typologie de JM Adam (Adam, Français dans le monde, n
o
291) on peut
compter :
Textes narratifs : C’est le type de texte dans lequel on décrit une action, imaginaire
ou réelle, présente ou passée, dans laquelle on peut mettre en évidence un
déroulement non seulement temporel, mais aussi causal. Le texte narratif repose sur
la notion de chronologie.
Textes descriptifs : C’est le type de texte dans lequel on décrit un état, (par
opposition au texte narratif).
Textes informatifs : Il s’agit des textes qui apportent des renseignements sur des faits,
des êtres ou des choses. Il a pour but d’informer.
Textes argumentatifs : C’est le type de texte dans lequel l'auteur cherche à
convaincre, à persuader le lecteur.
Textes injonctifs : C’est le type de texte dans lequel l'auteur donne des consignes,
des ordres, des conseils, des indications pour aider ou inciter le lecteur à faire
(ou ne pas faire quelque chose).

Le repérage (scanning en anglais) consiste à repérer rapidement une information
précise (noms de personnes, dates, chiffres, heure d’ouverture d’une exposition,
horaires de trains), à trouver une citation, à dégager un nombre d’éléments ou à
localiser une partie du texte, une section particulière (par exemple : balayer un
11
journal pour trouver un article à lire…). On procède par balayage. On l’appelle
encore le balayage ou la lecture sélective (Moirand, 1979).
Le survol (skimming en anglais) consiste à se faire une idée générale du texte, du
contenu d’un passage textuel, de tirer le sujet abordé, l’intention de communication
ou de dégager l’organisation du texte lu sans avoir à le lire en entier.
4.2. Stratégie : Lecture d’approfondissement
C’est une stratégie de lecture qui demande au lecteur de rechercher d’une façon
précise et approfondie des passages du texte. Il s’agit d’une analyse fine et détaillée
du texte. Cette stratégie est mise en application quand on veut analyser en détail,
rechercher des réponses précises aux questions, établir les points importants et faire
justifier, structurer les informations et mémoriser, réagir ou faire des liens avec le
texte.
4.3. Stratégie : Activer les connaissances antérieures
C'est mettre en œuvre les connaissances pré acquises des élèves sur le sujet qui
peuvent faciliter et orienter la compréhension du lecteur au cours de la lecture du
texte.
4.4. Stratégie : Faire des prédictions
Il s’agit de formuler, à partir des connaissances antérieures du lecteur sur le sujet et le
type de texte, une série d'hypothèses sur ce qu’il va trouver dans le texte, tant du
point de vue du contenu que de la forme.
4.5. Stratégie : Utiliser le contexte linguistique et les connaissances lexicales pour
deviner le sens d’un mot nouveau
Il est évident que tout texte contient un certain pourcentage des mots nouveaux.
Certains mots inconnus sont secondaires s’ils n’interviennent pas beaucoup la
compréhension du texte. Sans savoir le sens de ces mots, le lecteur peut arriver à

comprendre un texte ou un paragraphe, pour mieux retenir les informations
principales du texte ou mieux organiser les idées lors d'une production écrite. Dans
certains cas, il est demandé de saisir les idées essentielles du texte dans un temps
13
limite qui n’est pas suffisant pour lire tout le texte. Alors, avec le repérage et le
survol, il va découvrir le thème et l’organisation du texte. Ensuite, il va identifier les
idées principales. Une combinaison des informations saisies lui permettra d’avoir
une compréhension essentielle du texte.
4.9. Stratégie : Gérer sa compréhension / formuler des hypothèses au cours de la
lecture
Lors d’un examen ou de la lecture d’un texte difficile, il arrive souvent que les élèves
ne puissent pas comprendre une phrase, une idée et même l’ensemble du texte. Dans
ce cas, il est conseillé d’avoir recours à cette stratégie pour identifier la source et
trouver une solution en vue de rétablir la compréhension. On entent par cette stratégie
le fait que le lecteur relit une phrase, puis la ou les phrases précédentes et suivantes,
se questionne sur le contenu de la phrase et essaie de répondre aux questions posées.
De là, il émet une hypothèse selon le contexte et poursuit sa lecture et n’oublie pas de
vérifier ces nouvelles hypothèses.
14
CHAPITRE II
ANALYSE ET INTERPRÉTATION DES DONNÉES
1. Analyse des résultats de l’enquête
- Quant à l’évaluation de la compréhension des étudiants sur les stratégies de
lecture
La plupart des étudiants comprennent bien ce que c’est une stratégie de lecture
(65,4% des étudiants en 2è année et 84,2% en 3è année). Personne ne dit qu’il
n’entend pas parler des stratégies de lecture avant.
- Quant aux stratégies de lecture utilisées en langue maternelle
La majorité des étudiants déclarent qu’ils ont recours aux stratégies de lecture
(notamment la lecture de survol) même quand ils lisent en vietnamien.

et des structures textuelles
Les étudiants prennent conscience de l’importance des connaissances textuelles (plus
de 70% choisissent la bonne démarche). Cependant, en pratique, un faible
pourcentage des étudiants est capable de faire un bon classement des textes en
fonction des types de textes, ce qui nous fait savoir qu’ils manquent encore des
connaissances en ce domaine.
- Quant à l’utilisation de la stratégie : Interpréter la référence
Selon les réponses, de nombreux étudiants avouent ne pas savoir comment procéder
pour trouver le référent d’un mot (42,3% en 2è année et 52,6% en 3 année). Près d’un
tiers montre posséder la bonne stratégie. Le reste fait appel à la traduction comme une
stratégie pour remplir la tâche.
- Quant à l’utilisation de la stratégie : identifier les idées principales
Encore une fois, la majorité des étudiants déclarent savoir identifier les idées
principales d’un texte (69,2% en 2è année et 73,7% en 3è année). Parallèlement, un
pourcentage assez important des apprenants avoue qu’ils ne savent pas comment
faire.
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- Quant à l’utilisation de la stratégie : formuler des hypothèses (ou gérer sa
compréhension)
La plupart des apprenants ne savent pas gérer leur compréhension par formulation
des hypothèses et vérification de ces hypothèses au fur et à mesure de la lecture. Plus
de 60% sautent la phrase ou l’expression qu’ils ne comprennent pas et continuent leur
lecture, le reste avoue ne pas savoir comment faire.
- Quant au dégagement des difficultés en lecture des étudiants
Pour les étudiants du département de français de l’E.N.S de Hanoi, la compréhension
d’un texte dépend des conditions suivantes (classées par ordre d’importance) :
1. Le vocabulaire : 34/45 étudiants
2. La grammaire : 33/45 étudiants
3. Présentation du texte : 20/45 étudiants
4. Stratégies de lecture : 18/45 étudiants

nous est important d’étudier les résultats du test de compréhension.
2. Analyse des résultats du test de compréhension
Dans le test, nous avons élaboré une série importante de questions (voir le tableau ci-
dessous) portant sur les stratégies différentes. A travers la réponse des apprenants à
ces questions, nous pouvons voir s’ils savent les utiliser en lecture.
Stratégies à tester
Activités Stratégies à tester
Activité 1 Le survol et les connaissances des types de textes
Activité 2 Identifier l’idée principale (et faire des prédictions)
Activité 3 Le repérage et (le survol mais pour trouver les mots clés
dans les questions)
Activité 4 Utiliser le contexte linguistique et les connaissances
lexicales pour deviner le sens d’un mot
Activité 5 Interpréter la référence
Activité 6 Lecture d’approfondissement
Le test se fait sérieusement en 45 minutes. Cette limite de temps nous permettra de
bien déterminer si les apprenants utilisent les techniques de lecture en lisant, car une
lecture linéaire ou un recours à la traduction de l’ensemble du texte va faire perdre du
18
temps, et par conséquent, ils n’auront pas suffisamment de temps pour répondre à
toutes les questions données.
Après avoir collecté les épreuves, nous avons passé à la deuxième phase, c’est de
faire rapporter (sous forme de l’écrit) comment les étudiants ont raisonné, appliqué et
combiné les stratégies de lecture en processus de leur découverte du sens du texte.
Les informations retenues nous permettent de mieux découvrir la pratique des
stratégies chez les apprenants.
- À propos des réponses retenues des apprenants à la première activité
Nous trouvons que les étudiants sont nombreux à répondre correctement aux
questions de cette première activité, 76,9% en 2è année et 79% en 3è année. Pourtant,
quand ils sont demandés de dire comment ils ont raisonné et trouvé la réponse, seul

d’une part par une utilisation moins efficace de la stratégie en question et d’autre part
par une limite des compétences langagières.
- À propos des réponses retenues des apprenants à la cinquième activité
La cinquième activité exige l’emploi de la stratégie d’interpréter la référence. Les
résultats obtenus montrent que les étudiants sont forts en cette technique de lecture.
- À propos des réponses retenues des apprenants à la sixième activité
La sixième activité met l’accent sur la lecture d’approfondissement. Les résultats
obtenus nous indiquent que la majorité des étudiants n’ont pas bien compris le texte à
lire. Il semble qu’ils ont beaucoup de difficultés dans le dégagement des informations
essentielles et utiles pour pouvoir réagir. Un grand nombre a laissé blancs les trous à
compléter. De plus, ils n’ont pas pu relever le nom de la stratégie qu’ils ont utilisée.
La plupart disent qu’ils ont dû relire de nouveau tout le texte de façon détaillée pour
faire cette activité. D’autres avouent qu’ils ont traduit le texte pour pouvoir bien
comprendre l’ensemble du texte à lire.
- À propos de la comparaison des résultats de deux classes : Afin d’avoir une vue
globale et pouvoir faire la comparaison entre les deux niveaux, nous observons la
note finale obtenue des étudiants de deux classes.
Année
Notes
2è année 3è année
Nombre
/26
% Nombre
/19
%
8,0-10 1 3,8% 4 21%
20
6,5-7,9 8 30,8% 4 21%
5,0-6,4 8 30,8% 5 26,3%
< 5 9 34,6% 6 31,7%

stratégiques sont insuffisantes. Alors, ils ne recourent qu’à quelques stratégies qu’ils
ont acquises et en négligent d’autres.
4. Conclusion
Les résultats obtenus ont reflété la réalité d’utilisation des stratégies de lecture chez
les étudiants et également les faiblesses des activités de lecture proposées par les
professeurs en classe de langue où les stratégies de lecture ne sont pas enseignées
suffisamment et explicitement. C’est pourquoi, les étudiants connaissent des
difficultés dans la compréhension écrite. De nombreux étudiants ne peuvent pas
quand même relever le nom de la stratégie qu’ils utilisent.
Il est indispensable donc :
- que les professeurs font attention à enseigner les stratégies de lecture aux étudiants
le plutôt possible (dès leur première année universitaire par exemple).
- que les professeurs varient les activités de lecture portant sur de différentes
stratégies de lecture.
- et que les professeurs enseignent les stratégies de façon explicite.
22
CHAPITRE III
PROPOSITIONS PÉDAGOGIQUES
Dans le but d’améliorer la compréhension en lecture des étudiants et leur utilisation
des stratégies de lecture en compréhension d’un texte, nous voudrions bien proposer
aux professeurs dans ce chapitre quelques suggestions pédagogiques concernant la
façon d’enseigner des stratégies de lecture.
1 .Comment enseigner une stratégie de lecture
Comme les stratégies ne développent pas spontanément chez tous les apprenants, un
enseignement explicite et systématique est incontournable. Pourtant, il faut éviter de
privilégier cette stratégie au mépris de l’autre, car toutes les stratégies possèdent une
interaction les unes avec les autres, elles devraient être intégrées, combinées en vue
d’obtenir de meilleurs résultats en compréhension. Le professeur devrait donc faire
attention à varier les stratégies à acquérir. De plus, il devrait expliciter son
enseignement parce que les stratégies sont très difficiles à enseigner et à apprendre.

difficultés en lecture et d’améliorer leur performance en lecture en augmentant à la
fois la rapidité et la précision, ce qui se traduit par un meilleur accès au sens du texte.
2. Processus d’enseignement des stratégies de lecture proposé
À part des étapes à suivre dans l’enseignement des stratégies de lecture, nous avons
proposées les démarches concrètes à suivre dans l’enseignement de toutes les
stratégies que nous avons abordées.
3. Fiche de lecture proposée
Nous avons également élaboré une fiche de lecture illustrant toutes les stratégies de
lecture que nous avons proposées. Nous espérons que cette fiche de lecture serait un
modèle de référence utile pour les collègues qui enseignent la C.E.
24
CONCLUSION
Les résultats obtenus lors de la recherche nous aident à vérifier et comparer avec les
résultats attendus par hypothèses de départ.
- Premièrement, ces résultats montrent que les étudiants connaissent quelques
stratégies de lecture en langue maternelle et en français et les utilisent en lecture d’un
texte, mais ces stratégies sont insuffisantes. Ils ne savent pas donc tous comment se
tirer d’affaire quand ils rencontrent un problème ou une tâche difficile à faire en
lecture. Certains manquent de stratégies de lecture, d’autres utilisent des stratégies
dysfonctionnelles ou s’en tiennent à une seule stratégie.
- Deuxièmement, les résultats de notre recherche indiquent aussi que les étudiants ont
souvent recours aux stratégies de lecture habituelles qu’ils possèdent en leur langue
maternelle et en français telles que la traduction, le repérage… pour traiter un texte en
français. Ils leur manquent d’autres stratégies importantes, c’est une des causes
principales de leurs difficultés dans la pratique de lecture.
- Troisièmement, les résultats obtenus permettent aussi de confirmer que la
conscience d’utiliser et la capacité de mettre en application des stratégies de lecture
dépendent du niveau des apprenants. En effet, plus on apprend le français, plus on est
conscient d’utiliser les stratégies de lecture et meilleur résultat on obtient en
compréhension écrite.


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