’L’analyse des erreurs de prononciation des étudiants en 1ère année de l’école du tourisme d’hanoi - Pdf 10


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RÉSUMÉ DU MÉMOIRE
Notre travail de recherche porte sur ‘’L’analyse des erreurs de prononciation des
étudiants en 1
ère
année de l’école du Tourisme d’Hanoi’’. Il se compose de 3 chapitres.
Dans le premier charpitre, nous présentons les fondements théoriques du système
phonologique du français et celui du vietnamien, ensuite, nous en faisons une étude
comparative. La deuxième partie est consacrée à analyser du corpus, relevant deux
enquêtes : l’un représente en questionnaires , l’autre des enregistrements réalisés par une
vingtaine d’étudiants en première année. Nous envisageons, dans la dernière partie de notre
travail, de fournir des méthodes, des moyens de correction de la prononciation et de définir
une typologie d’activités qui pourront être introduites dans l’enseignement /apprentissage
de la phonétique de notre école.

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INTRODUCTION
Dans l’enseignement des langues vivantes, on met de plus en plus l’accent sur
l’apprentissage de la prononciation, non seulement pour des raisons pratiques mais aussi
parce que ‘’la prononciation - c’est à dire la base d’une langue correctement acquise, ne
ferme pas le cercle mais au contraire, stimule perfectionnement ultérieur de la langue,
ouvre des perspectives nouvelles’’(VULETIC B.).
Dans l’apprentissage d’une langue étrangère, l’apprenant peut rencontrer des
difficultés de la prononciation des sons qui n’existent pas dans sa langue maternelle. Quant
à l’enseignant, il essaie toujours de faire de son mieux pour aider ses étudiants à réduire et
à surmonter effectivement ces difficultés.
Notre travail s’inscrit dans le cadre d’une problématique de l’analyse des erreurs de
prononciation des étudiants en 1

apprentissage de la phonétique du français, sur les difficultés de prononciation des
étudiants et de notre établissement ainsi que sur les méthodes adéquates. 
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CHAPITRE I: LE SYSTÈME PHONOLOGIQUE DU FRANÇAIS
I. SYSTÈME PHONOLOGIQUE DU FRANÇAIS:
Les 36 articulations (16 voyelles, 3 semi-consonnes, 17 consonnes), résultat de la
transformation de la phonation (ou du son laryngé), à travers les résonateurs du pharynx,
de la cavité buccale ou de la cavité nasale, se différencient sommairement :
 par la position de la langue: les voyellé sont toujours dorsales alors que les consonnes

+ Les voyelles antérieures écartées: /i/, /e/, //, / /, /a/
+ Les voyelles antérieures arrondies: /y/, /ø/, //, /œ/, / /
Les voyelles postérieures : /u/, /o/, / /, / /, //, /ã/.
A partir de ces points d’articulation, on peut en déduire ce qu’il est convenu
d’appeler le trapèze vocalique du français. Il permet de donner une topographie
articulatoire des voyelles.

1.1.2. Les voyelles au niveau acoustique :
Au niveau acoustique, les voyelles sont classées selon deux traits : aigu/grave ;
tendu/lâche.
Les voyelles aiguës (/i/, /e/, //, / /, /a/, /y/, /ø/, /œ/, / /)
Les voyelles graves (/u/, //, /o/, / /, / /, //, /ã/.
1.2. Système consonantique:
En français, il y a 17 consonnes. Ce système consonatique, qui a peu évolué,
intègre cependant aujourd’hui une nouvelle consonne occlusive nasale, le [h], que l’on
trouve dans les mots d’origine anglaise avec le suffuxe -ing (caravaning)
En se fondant sur l’articulation des consonnes, on peut les répartir selon leur mode
d’articulation et selon leur point d’articulation ou leur lieu d’articulation.

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1.2.1. Le mode d’articulation
Selon ce critère, on fait une distinction entre les consonnes nasales /m/, /n/, // et
les consonnes orales: /b/, /p/, /t/, /d/, /k/, /g/, /f/, /v/, /s/, /z/, //, //; les consonnes occlusives
/p/, /b/, /t/, /d/, /k/, /g/, /m/, /n/, // et les consonnes constrictives (fricatives): /f/, /v/, /s/,
/z/, //, //, / l/, /r/.
Et puis, on peut diviser les consonnes en bruyantes et sonantes. Les consonnes
nasales /m/, /n/, // et les consonnes liquides /l/, /R/ sont respectivement des occlusives
sonantes et des fricatives sonantes. Les autres consonnes sont des bruyantes.
1.2.2. Le point d’articulation

langue reculée
lèvres avancées

2. Faits phonétiques du français.
2.1. Syllabe
“La syllabe est constituée d’une voyelle et éventuellement des consonnes et ou
semi-voyelle qui l’accompagnent dans la même émission de voix”,GRUIMBRETIER E.
(1994).
En français, il existe deux sortes de syllabes, les syllabes ouvertes qui se terminent
par une voyelle (CV : [li]) et les syllabes fermées qui se terminent par une consonne ( VC :
[al] ). Le français préfère les syllabes ouvertes. Toutes positions confondues, elles sont plus
fréquentes que les syllabes fermées : 80% contre 20%.
Voici les constructions syllabiques que l’on peut rencontrer en français
Syllabes
ouvertes

CV 55,5% Oui [’wi]
CCV 14% Bien [’bj]
V 10% Un [’]
CCCV 1% Trois [’tRwa]
CCCCV 0,005% J’crois [’zkRwa] soit 80,55%
Syllabes fermées
CVC 13,5% Zut [’zyt]
CCVC 2,5 Flûte [’flyt]
CVCC 1,5 Merde [’mrd]
VC 1,3 Elle [’l]
CCVCC 0,3 Presque [’pRsk]
CCCVC 0,2 Froide [’fRwad]
VCC 0,1 Halte [’alt]
CVCCC 0,04 Perdre [’pdr]

préfère parler d’accentuation.
L’accentuation en français est duelle. Considérons tout d’abord l’accentuation de
base se caractérisant par un accent rythmique réalisé sur la dernière syllabe du groupe
(allongement de la syllabe). Ce même accent rythmique est le fruit d’une énergie
articulatoire “finale” qui permet de “marquer” la fin de chaque unité de sens de la chaîne
parlée. Notons qu’on indique l’accent par un petit trait vertical avant la syllabe accentuée.
C’est b 'on
C’est un bon pl 'at

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Ce premier type d’accentuation est à distinguer de l’accentuation expressive/ accent
d’insistance. C’est un des moyens de mise en relief volontaire très typique de français, qui
s’oppose à l’accentuation de base toujours inconscient.
Si l’accentuation de base frappe toujours la dernière syllabe d’un groupe rythmique,
l’accentuation expressive en frappe théoriquement le début. Mais en réalité elle est aussi
souple et mobile en français moderne.
2.2.2. Intonation
L’autre caractéristique de la voix qui varie dans la chaîne parlée est l’intonation.
Les phonèmes sont mis en musique et en sens grâce à l’intonation. D’où vient le nom la
musique de la langue.
Toutes les langues possèdent un inventaire intonatif qui se caractérise par deux
mouvements fondamentaux: la montée et la descente.
L’étude de l’intonation est compliquée par le grand nombre de variations possibles
quand on parle. Ainsi, on peut transmettre une grande diversité d’émotion par de petites
différences d’intonation. Malgré cette diversité, il existe un petit nombre de paramètres
qu’on peut identifier un certain nombre de niveaux d’intonation.
Dans une perspective de représentation, on formalise les réalisations intonatives
selon un système de quatre niveaux établis schématiquement à égale distance les uns des
autres:

en fait
Certaines ambiguïtés syntagmatiques sont levées à l’oral par le seul fait de
l’intonation. En effet, dans le premier cas, [-mõtr[ constitue le sommet intonatif
(1).Dans l’autre cas, c’est [viij] qui constitue le sommet intonatif (2).

- La fonction expressive appartient au niveau du subjectif et traduit les émotions,
les intentions, les attitudes du locuteur, et se réalise de multiples façons selon le
degré d'expressivité, la personnalité et les intentions de communication de chacun.

  
  
  

(1)
[lavj

ijmõtr/ lavægl]
(2)
[lavjij/

mõtrlavægl] 
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Cela signifie que le sens ne dépend pas uniquement du sens des mots, mais aussi de
l’intonation et du contexte communicatif, de la situation dans laquelle se trouvent les

précises mais dépend de plusieurs facteurs qui sont :
- la structure syntaxique
- la rapidité d’élocution
- la longueur des syntagmes
Le découpage en groupes syntaxiques respecte les relations syntaxiques à
l’intérieur de la phrase et correspond au découpage en syntagmes:
Ex: Cette étudiante devra suivre des cours de français pendant un an
[stetydjãt/ d

vrasYivr

dekurd

frãs/ pãdã nã]
Les syntagmes longs peuvent se découper en deux ou trois groupes
rythmiques. Par exemple, dans la phrase suivante, on peut passer de trois syntagmes
à 7 ou 8 groupes rythmiques.
Ex: Cette jeune étudiante/ vénézuélienne// a décidé/ de voyager en France// pour
suivre /des cours de français/ intensif//.
Il est nécessaire de préciser que la division d’un même syntagme en deux (ou
plus) groupes rythmiques est soumise à certaines restrictions. Il existe, en effet, à
l’intérieur de syntagmes des liens syntaxiquement forts qui interdisent le découpage
à certains endroits.
- Si le syntagme nominal sujet est un pronom, celui-ci est obligatoirement rattaché
au verbe.
Ex: Il habite à Paris[ilabi/ta/paRi]
- Un adjectif antéposé ne peut être séparé du substantif qu’il qualifie.
Ex: Une nouvelle île française [ynuvlil/fRsz]
- Impossible de séparer une préposition des substantifs qui le suit.
Ex: Autour du monde [otuRdym d]

Il a froid : [i/la/fRwa]  1 enchaînement
Pierre est parti avec elle : [pj/Re/par/ti/a/v/kl]  2 enchaînements
Quel ami, quelle amie [k/la/mi]même prononciation 1enchaînement

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En français, l'enchaînement consonantique est toujours prononcé. De plus, la
consonne enchaînante garde toutes ses caractéristiques.
Ex: Une grande_ amie [yn grã da mi]
Un fils_ ingrat [ fi s gra]
Seule la consonne enchaînante [f ] change de nature et se prononce [ v] dans 2 cas
Neuf_ heures [nœ vœR]
et neuf_ ans [nœ vã]
2.3.2. Liaison
Une liaison est l’apparition d’une consonne finale non prononcée dans la
première syllabe du mot suivant.
Exemple : un ami [/nami]
Le passage d’une voyelle à une autre se fait par l’intermédiaire d’une
consonne latente qui se réalise seulement dans certaines conditions.
Il y a des liaisons avec [z], [t], [n], [p], [R], [g] (plus rarement)
Exemples : Les enfants  [lezf]
Il y a beaucoup à faire  [iljabokupafeR]
Dans une liaison, la consonne liée peut changer de nature. Ainsi “s” et “x”
deviennent [z] et “d” devient [t].
Ex: les_amis [le za mi]
deux_amis [dø za mi],
un grand_ami [ grã ta mi]
Le degré d'union entre deux mots en contact permet de déterminer si une
liaison est obligatoire ou interdite. De plus, selon la situation de communication et
le niveau de langue qui en résulte, certaines liaisons seront dites facultatives. La

Groupe des tonales “constantes” ou les monophtongues
/i/, /e/, //, /w/, / /, /a/, /u/, /ua/, /o/, / /.
Groupe des tonales “décoloration” ou de diphtongaison ou les diphtongues : /ie/,
/w/, /uo /.
 La durée : Le nombre des voyelles vietnamiennes paraît toujours discutable. Certains
spécialistes adoptent le système des tonales à 16 phonèmes, les autres 14. Cette
controverse repose sans doute sur ce critère de durée.

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16
oàn Thin Thut opte le nombre de 16 pour les tonales vietnamiennes parce qu’il
considère // et /c/ comme deux phonèmes distincts et non des variantes combinatoires des
phonèmes // et /c/. Ainsi, pour lui, il y a quatre oppositions phonologiques:
- Voyelles brèves : //, //, /a/, / /
- Voyelles longues : / /, //, / /, / /
Timbre
Volume
Aiguës Neutres Graves

Monophtongues i (i, y) w () u (u)
Minces

Diphtongues I
1
(ie, ia) wa (, a) U
1
(uô, ua)
Moyennes e ( ê)  (, â) o (ô)
Pleines  (e, a) a (a, ) (o)


+ Les consonnes dentales: /t/, /d/, /t’/, /n/, /s/, /z/
+ La consonne apico- alvéolaire: /l/
+ Les consonnes rétroflexes: /s /, /z/
+ La consonne palatale: /c/, //
+ Les consonnes vélaires: /k/, //, /x/, //
+ La consonne glottable: /h/
Puis sur le plan acoustique, on peut diviser les consonnes en sonantes et en
bruyantes.
Les consonnes nasales et la consonne liquide /l/ sont respectivement des occlusives
sonantes et des fricatives sonantes. Les autres consonnes sont des bruyantes.
1.2.2.Consonnes finales.
Les consonnes finales sont celles qui suivent une voyelle. En vietnamien, il existe 6
consonnes finales: /m/, /n/, //, /p/, /t/, /k/.
Les consonnes finales peuvent être classées selon le tableau ci-dessous:
Point d’articulation
Mode d’articulation

Labiales

Apicales

Dorsales
Sonantes (nasales) m n

Bruyantes (orales) p t k
Les consonnes finales sont toutes occlusives. Elles sont plus ou moins labialisées
après les voyelles arrondies et palatalisées ainsi qu’après les voyelles antérieures. Leur
articulation accessoire est neutre et les diphtongues.
1.3. Semi- voyelles (semi- consonnes) :
En vietnamien, les semi- consonnes se placent dans les positions prétonales et


















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En ce qui concerne les structures syllabiques, nous pouvons trouver souvent celles-
ci: V, C-V, C-V-S, C-V-C, C-S-V, S-V-C.
2.2. Système prosodique :
A la différence du français, le vietnamien est une langue tonale. Alors les faits
prosodiques désignent l’intonation, l’accentuation et le ton.
2.2.1. Intonation
En vietnamien, comme toutes langues, l’intonation qui est réalisée au niveau de la
phrase joue un rôle très important dans la communication parlée. Elle assume aussi les
fonctions distinctive, démarcative et expressive comme le français.

l’augmentation de l’intensité et tombe souvent sur la dernière syllabe d’un syntagme et
l’accent expressif pour exprimer un sentiment de celui qui parle, il tombe sur le mot
d’interjection se trouvant à la fin de la phrase (a bé kháu khnh quá !)
2.2.3. Tons
Le vietnamien est une langue à tons comme les autres langues tonales telles que le
chinois, le japonais, le suédois, le norvégien… Mais le système tonal n’est pas le même
dans toutes les langues à tons.
D’après NGUYEN LAN TRUNG, le ton est l’unité phonologique complexe,
constituée par certains traits distinctifs. D’un point de vue phonétique, le ton représente le
fait habituellement qualifié de prosodique. Mais d’un point de vue strictement fonctionnel,
cet élément a exactement la même fonction constitutive et distinctive que le phonème. Les
traits distinctifs du ton souvent au nombre de trois:
- Registre (haut/bas)
- Dessin mélodique (ponctuel/ modulé)
- Friction glottale (présence / absence)
En vietnamien, la combinaison de ces trois traits distinctifs donne six phonèmes
tonales qui se répartissent en deux groupes, les tons hauts, les tons bas; ceux de chaque
groupe s’opposent deux à deux. Ainsi, on obtient:
- Un ton ponctuel haut appelé ton ngang
- Un ton ponctuel bas appellé huyn
- Un ton modulé haut appelé ton sc
- Un ton modulé bas appelé ton hi
- Un ton glottal haut appelé ton ngã

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Friction glottale (-/+)
Haut / bas

Signes diacritiques a à á  ã 


III. COMPARAISON DES DEUX SYSTÈMES PHONOLOGIQUES DU FRANÇAIS
ET DU VIETNAMIEN :
Dans cette partie, nous allons étudier ce qu’il y a de différences entre le français et
le vietnamien sur le plan phonologique afin de définir les causes principales des erreurs de
prononciation commises par les étudiants en 1
ère
année de l’EMLE.
1.Système phonémique :
1.1. Système vocalique en français et en vietnamien :
En faisant la comparaison de ces deux systèmes, on peut trouver quelques
différences suivantes:
Premièrement, au nombre des voyelles, le français possède 16 voyelles tandis que
le vietnamien en a seulement 12. Dans le système vocalique vietnamien, il n’existe pas de
voyelles nasales et les voyelles arrondies /y/, /ø/, /œ/. Le problème de nasalisation et

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d’arrondissement pose, comme on verra plus loin, d’énormes difficultés pour les
apprenants vietnamiens.
Deuxièmement, le français et le vietnamien ont les différents critères de classement
des voyelles. On peut le constater dans le tableau suivant:
Critères de classement
Communs aux 2 langues Propres au français Propres au vietnamien
- Lieu d’articulation
- Degré d’ouverture

- Nasalisation
- Labialisation des
antérieures

ont l’impression que les Vietnamiens ne prononcent pas les consonnes finales. En réalité,
elles sont effectivement prononcées mais brèves et tendues. Quand l’apprenant vietnamien
s’exprime en français, il va sans doute conserver ces habitudes articulatoires, ce qui donne
l’impression qu’il ne prononce rien après la voyelle et rend le rythme de son énoncé très
saccadé.
Nous pouvons résumer toutes les différences entre les deux systèmes
consonantiques français et vietnamien dans le tableau récapitulatif qui se trouvera dans la
partie Annexe.
Ces traits différents de ces deux systèmes phonologiques créent aux apprenants
vietnamiens beaucoup de difficultés en prononciation.
2. Faits phonétiques :
2.1. Syllabe et structures syllabiques :
Comme nous le savons, le français est une langue polysyllabique tandis que le
vietnamien est monosyllabique. Mais dans toutes les deux langues, le noyau d’une syllabe
est obligatoirement une voyelle.
Si on peut comparer le français à un mécanisme tournant sur trois pivots constitués
par les unités de base : le phonème, le morphème et le mot, le mécanisme de la langue
vietnamienne semble réunir ces trois unités de base en une seule : la syllabe.
Prenons l’exemple français : ‘’ travaillons’’ : 2 morphèmes, 3 syllabes
L’exemple vietnamien : ‘’xem’’ : un mot, un morphème et une syllabe
En ce qui concerne la structure syllabique, en vietnamien, la syllabe coïncide le
mot, mais en français un mot peut être décomposé en une ou plusieurs syllabes. Le nombre
de structures syllabiques possibles en vietnamien est beaucoup moins important que celui
en français.

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2.2. Système prosodique :
On sait bien que le français est une langue flexible tandis que le vietnamien est une
langue tonale. Cette différence entraîne beaucoup de difficultés aux apprenants


I. Public:
Notre école a 3 types de formation professionnelle, soit en un terme correspondant
à 12 mois, soit en deux termes - 24 mois, soit en trois termes - 36 mois. Pour être admis à
l’école, les élèves doivent présenter un concours portant sur 3 matières à choisir dans les
groupes suivants : les mathématiques, la littérature ou les langues étrangères ; soit : maths,
physique ou chimie ; soit littérature, histoire ou géographie. Le concours réussi, ils peuvent
s’inscire dans le département de leur choix : département culinaire, département de gestion
hôtellière, département de guide touristique et département de comptabilité dans le
domaine touristique. Les étudiants en 1ère année possèdent de différents niveaux de
français. Généralement, ils sont plutôt de niveaux débutant ou intermédiaire. Certains, de
façon plus marginale, ont déjà un niveau de français avancé et peuvent se livrer avec
aisance à l’expression tant orale qu’écrite. Nous avons opté pour les étudiants qui font
leurs études universitaire comme public de recherche. Leur âge varie entre 18 à 24 ans. Ils
sont de différents départements et apprennent le français comme une de leurs matières
obligatoires qui sont enseignées de 250 à 300 séances par an.
II. Constitution du corpus:
Après avoir analysé les deux systèmes phonologiques français et vietnamien et
aussi les différences existan entre eux, on contaste que les erreurs de prononciation des
apprenants viennent essentiellement des différences phonologiques de ces deux systèmes.
Néanmoins, ce constat ne suffit pas et l’enseignant aura besoin d’acquérir des informations
précises afin de donner des consignes claires permettant à l’étudiant de corriger sa
prononciation en maîtrisant l’origine de l’erreur. C’est pour cette raison que nous avons
décidé de faire une enquête. Notre travail comporte deux grandes parties. La première est
consacrée au questionnaire. Nous en avons élaboré deux, l’un pour les enseignants, l’autre
pour les étudiants. Dans la deuxième partie, nous allons faire un enregistrement de la
prononciation d’une vingtaine d’étudiants.
1. Questionnaires
Les questions que nous avons posées portent sur l’état actuel de la prononciation
des étudiants en 1


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