La dimension culturelle dans l’enseignement du francais langue étrangère au lycée à option hung vuong de la province phú thọ = yếu tố văn hoá trong việc giảng dạy tiếng pháp tại trường THPT chuyên hùng vương tỉnh phú thọ - Pdf 31

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UNIVERSITé NATIONALE DE HANOI
éCOLE SUPéRIEURE DE LANGUES éTRANGèRES
DéPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

Hà thanh h-ơng
LA DIMENsION CULTURELLE DANS LENSEIGNEMENT
DU FRANầAIS LANGUE éTRANGèRE AU LYCéE à OPTION
HùNG VƯƠNG DE LA PROVINCE PHú THọ.

Yếu tố văn hoá trong việc giảng dạy tiếng Pháp
tại tr-ờng THPT Chuyên Hùng V-ơng Tỉnh Phú Thọ

MẫMOIRE DE MASTER
Spộcialitộ : Didactique du FLE
Code : 60 14 10

HANOI, ANNẫE 2010


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UNIVERSITé NATIONALE DE HANOI
éCOLE SUPéRIEURE DE LANGUES éTRANGèRES
DéPARTEMENT POST-UNIVERSITAIRE

Hà thanh h-ơng
LA DIMENsION CULTURELLE DANS LENSEIGNEMENT
DU FRANầAIS LANGUE éTRANGèRE AU LYCéE à OPTION
HùNG VƯƠNG DE LA PROVINCE PHú THọ.

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1.1.2. En dehors de l’anthropologique

7

1.1.3. Définition historique et sociale

7

1.1.4. Définition par les didacticiens de langues

8

1.2. La culture et la civilisation

8

1.3. Compétence interculturelle

11

1.4. Enseignement du F.L.E et de la culture

16

1.4.1. Objectifs de l’enseignement des langues étrangères

16



24

1.6. Modèle d’enseignement du F.L.E et de la culture

25
25

1.6.1. Modèle de Louis PORCHER

26
1.6.2. Modèle de Michaël BYRAM (dans les années 90)

Chapitre 2 : ANALYSE DES DIFFICULTÉS DES ÉLÈVES DE FLE DU
LYCÉE À OPTION DE HUNG VUONG DE LA PROVINCE PHU THO
FACE

AUX

ÉLÉMENTS

CULTURELS

DANS

L’ENSEIGNEMENT/

L’APPRENTISSAGE DU FRANÇAIS
2.1. Le contexte général de l’enseignement/ l’apprentissage du français au lycée 30


36

2.2.3.1. Les connaissances culturelles des élèves

36

2.2.3.2. L’apprentissage du FLE et la culture française des élèves

50

2.2.3.3. Les difficultés dans l’apprentissage du FLE et de la culture.

53

2.2.3.4. Les difficultés dans l’enseignement du FLE et de la culture.

54

2.2.4. Contenu culturel et présentation des connaissances culturelles dans les

54

manuels utilisés.
2.2.4.1. Objectifs généraux

55

2.2.4.2. Structure du manuel

55

62

3.1.2. Enseignants

63

3.1.2.1. Rôle des enseignants

63

3.1.2.2. Formation des enseignants

64

3.1.3. Matériels d’enseignement

66

3.1.4. Evaluation des contenus culturels

67

3.1.4.1. Principes d’évaluation

67

3.1.4.2. Test d’évaluation

68


Figure 4: Les difficultés de compréhension d’un document de français au cours de
langue.
Figure 5: Les connaissances culturelles présentées dans les manuels « Tiengphap 10, 11,
12.
Figure 6: Taux de réusites d’admistrassion aux concours à l’Université et de lauréats aux
concours nationaux de français.


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INTRODUCTION
1. Raison du choix du sujet.
Actuellement, le Vietnam, pays en voie de développement, s'ouvre au monde
extérieur. Ainsi, 1'enseignement et 1'apprentissage des langues étrangères jouent un rôle de
plus en plus important dans la vie économique, sociale et culturelle du pays. Il existe
aujourd'hui une dizaine de langues qui sont enseignées à l’école : l’anglais, le français, le
russe, le chinois,... Mais l'anglais et le français comptent parmi les langues étrangères les
plus utilisées au Vietnam.
L’enseignement des langues étrangères ne consiste pas seulement à faire acquérir
des connaissances linguistiques mais encore à présenter une image culturelle d’un peuple,
de ses attitudes, voire même des préjugés concernant divers domaines. En effet, certaines
personnes disent que l’apprentissage des langues “élargit les horizons”, ce qui veut dire
que l’apprentissage de la culture qui résulte de l’apprentissage de la langue ouvre des
horizons vers d’autres peuples. En d’autres termes, grâce à la langue que nous apprenons,
nous découvrons en même temps la culture du peuple qui parle cette langue. Étant donné
l’importance de cette découverte, proposer, promouvoir une certaine compréhension vis-àvis d’autres cultures et d’autres civilisations en vue du développement de la personnalité de
l’élève, de sa capacité à s’identifier à l’autre, est un des objectifs de l’enseignement d’une
langue étrangère.
Or, nos expériences de professeur de français dans un lycée spécialisé montre que
dans la classe de langue, l’accent est souvent et essentiellement mis sur l’apprentissage des

Notre travail a pour but d’introduire l’approche des éléments culturels à l’enseignement
du français destiné aux élèves du lycée à option Hung Vuong , et ainsi, d’aider les
apprenants à acquérir des éléments culturels lors de leur apprentissage de la langue
étrangère. Les objectifs spécifiques seront donc les suivants:
-

de rechercher les difficultés de l’acquision des connaissances culturelles pendant
les cours.
de relever les causes des difficultés dans l’apprentissage des éléments culturels au
lycée grâce à des enquêtes auprès des élèves.
d’avancer quelques propositions méthodologies et pédagogiques pour remédier
au(x) blocage(s) dans la communication, dus aux problèmes d’acquision des
connaissances culturelles en FLE chez les élèves aux lycée à option Hung Vuong.

4. Questions et hypothèses de recherche.
A fin de réaliser les objectifs de recherche, nous nous sommes posés les questions
de recherche suivantes:
1. Quelles sont les principales difficultés des élèves face aux éléments culturels dans leur
apprentissage du FLE ?


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2. Quelles en sont les causes?
3. Quelles sont les implications pour améliorer la qualité de l’enseignement/
l’apprentissage des éléments culturels des élèves du lycée à option Hung Vuong ?
A partir des questions ci-dessus, nous formulons les 3 hypothèses suivantes :
Hypothèse 1 :
Pour différentes raisons (limite des connaissances linguistiques, niveau de langue
hétérogène, grandes différences entre la culture maternelle des élèves et la culture française

résultats d’ enquêtes menées auprès des apprenants de français.
6. Délimitation de la recherche.
La question de la dimension culturelle dans l’enseignement du FLE est un vaste
domaine. Faute de temps et de connaissances, ce travail se limitera à l’étude des
principales difficultés des élèves face aux éléments culturels dans l’enseignement/
l’apprentissage du FLE chez des apprenants de 10ème à 12ème au lycée à option Hung
Vuong de la province PhuTho qui travaillent avec la méthode «Tieng Phap 10, 11, 12».


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Chapitre 1
CARDRE THÉORIQUE
1.1. Notion de culture : problème terminologique
Les définitions de la culture sont nombreuses. Selon les statisticiens pour cette notion de
culture, il existe des centaines de définitions. Nous empruntons ici le développement de
Nguyen Van Dung (cours de l’Introduction à la communication interculturelle) sur ce
concept, selon elle, il s’agit d’un mot clé. Clé parce qu’on parle tout temps de culture :
culture française, enseignement de la culture, culture du riz (à ne pas confondre avec
culture-agronomie) et au fond, qu’est-ce que cela veut dire ?
Plusieurs auteurs sociologues, anthropologues, linguistes ont défini la Culture ou ont
essayé de voir pourquoi on a eu tant de mal à le faire. L’auteur a essayé de définir la
culture sous des angles différents : anthropologique, intellectuel, historique et social et
enfin didactique
1.1.1. Définition anthropologique : culture versus nature. Selon Beacco, le premier sens
de culture est la culture d’un terrain, nous n’y pensons pas dans notre contexte de
l’enseignement de la culture car c’est impensable de penser à ce sens. Or faire de la culture
dans le sens primaire de ce terme, c’est sélectionner certaines plantes dans la nature, ne pas
en prendre les autres et les améliorer. Nous sommes des êtres naturels mais toutes nos
pratiques naturelles sont en même temps nos « pratiques normées » Par exemple, nous

pas un modèle unique et univoque, des modèles différents qui coexistent et qui peuvent
influencer les uns des autres. Cependant, comme dit avec justesse Lévi-Strauss, « une
culture consiste en une multiplicité de traits dont certains lui sont communs, d’ailleurs à
des degrés divers, avec des cultures voisines ou éloignées, tandis que d’autres les en
séparent, de manière plus ou moins marquée ».
Prenons des exemples concrets dans la culture française et vietnamienne. De façon
plus générale, la culture vietnamienne traditionnelle est la culture du village. « Le village
est le produit du processus de sédentarisation et de grégarisation des paysans riziculteurs.
Ce n’était pas seulement une unité économique avec un secteur de cultures propre, mais
encore une communauté culturelle avec des traditions particulières…chaque village avait
sa vie propre. On comprend que dans ces conditions, le village est le dépositaire du
patrimoine culturel du pays. (Le Van Hao, Essai sur la civilisation Vietnamien, Etudes
Vietnamien -1980).
Dans ces contextes, il existait et existe toujours au sein du village des relations
interpersonnelles assez solides et une grande solidarité. Cette solidarité est considérée


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comme le devoir et le droit de tous. Un proverbe Vietnamien dit « Ban anh em xa mua lang
gieng gan».
Depuis des milliers d’années, la culture du village constitue la mentalité de tous les
vietnamiens dans un pays de tradition rurale où la solidarité est indispensable pour la
survie de l’espère. Cette culture du village ne peut pas exister en France, dans un pays
industrialisé car dans les années 60, on assistait à l’exode rural, « ils quittent un à un le
pays, pour s’en aller gagner leur vie, loin de la terre où ils sont nés », comme chantait Jean
Ferrat.
Ces exemples sont assez présents dans la langue : examinons les termes d’adresse
en français et en vietnamien. Les ressemblances sont nombreuses. Pour désigner les
interlocuteurs, les Français et les Vietnamiens disposent des pronoms personnels, les noms

cadre scolaire à travers un tableau récapitulatif
littéraire
Savante

artistique
scientifique et technique

(avec l’esprit )
Culture

maîtrisée par le plus petit nombre :

cultivée

une partie de la collectivité pour

institutionnelle

chacune de ses composantes

Courante

partagée par le plus grand nombre

(avec le corps)

dans sa dimension comportementale

culturelle, expérentielle,



connaissances

socioculturelles

dans

l’enseignement du F.L.E. Sont –ils synonymes ou concurrents dans la didactique des
langues étrangères? Dans plusieurs cas, nous pouvons nécessaire de recourir à la définition
du terme de civilisation pour mieux définir la culture.
Dans le dictionnaire Le Petit Robert 2006, on peut trouver les définitions suivantes
du terme « civilisation »:
• Fait de civiliser ou se civiliser;
• Ensemble des caractères communs aux vastes sociétés considérées comme
avancées; ensemble des acquisitions des sociétés humaines;
• Ensemble des phénomènes sociaux (religieux, moraux, esthétiques, scientifiques,
techniques) communs à une grande société ou à un groupe de sociétés ;
Ou bien, selon P.Huntington dans un ouvrage intitulé «Le choc des civilisations»,
une civilisation représente l'entité culturelle la plus large. Elle est le mode le plus élevé de
regroupement et le niveau le plus haut d'identité culturelle dont les humains ont besoin
pour se distinguer des autres. De plus, les civilisations vivent ... et meurent. C'est normal
parce que les hommes forment ces civilisations. Ils naissent, se développent, meurent. Et
dans l'histoire, on en voit bien des exemples: la civilisation égyptienne, la civilisation
grecque, etc.
A partir de la définition de chacun, nous sommes devant un choix : quel terme va-ton adopter pour notre recherche ou accepte-t-on tous les deux termes comme
synonymes pour couvrir les contenus socioculturels en culture cible présentés dans le cours
du F.L.E ?
«Les notions de culture et de civilisation ont été l’objet, pendant des siècles et dans
différents pays, de la part des historiens, des philosophes et des anthropologues,
d’interprétations diverses, chacun des mots évoluant parfois isolément, parfois en relation

originale».
Dans le cadre de ce mémoire, nous aborderons essentiellement la première étape du
processus d'enseignement (première et deuxième années) où les connaissances culturelles
jouent un rôle primordial : la langue et la culture sont intimement liées et doivent être
enseignées de concert. En effet, un bon apprentissage de la langue dépend d'une bonne
compréhension et d'une bonne connaissance de la culture. A l'inverse, une culture ne peut
être bien assimilée que par ceux qui possèdent une bonne maîtrise de la langue cible.
Autrement dit, l'enseignement du F.L.E consiste à développer en même temps deux
compétences chez l'apprenant: la compétence linguistique et la compétence culturelle. Or,
l'enseignement du F.L.E a lieu toujours dans un contexte de contacts avec d'autres cultures
(au moins deux) dont la culture maternelle des apprenants. On se trouve par conséquent
dans un contexte interculturel.


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1.3. Compétence interculturelle
Nous partagons l’idée de M. Hoang Van Tien dans son mémoire de master
« L’enseignement de la compétence socioculturelle aux étudiants à l’Académie des
Sciences Militaires », 2007, de la compétence interculturelle comme suivante :
+ Compétence de cuture maternelle.
Tout apprenant n'aborde pas l'apprentissage d'une langue étrangère, vierge de tout
savoir culturel. Il dispose d'un certain nombre de concepts dont l’efficacité ne peut être
mise en cause, puisque ceux-ci lui permettent jusqu'alors de se comporter, de s'intégrer
sans défaillance majeure à l'intérieur de sa communauté (Zarate, 1986). Ce sont, selon
Henri Holec ( l'acquisition de compétence culturelle in Études de Linguistique appliquée
coordonnée par G. Zarate) des traits caractéristiques d'un groupe humain sur l'histoire du
groupe, la société dans laquelle vivent les individus : institutions, modes de vie,
comportements sociaux, pratiques langagières, courants philosophiques, religieux,
artistiques ... et les productions de tous ordres ou en d'autres termes, tous les savoirs et

partagent le sens évoqué dans la communication en cours et ceux qui ne le partagent pas.
C'est une frontière sociale efficace et discrète. Il faut ajouter que ce système est composé
de plusieurs éléments dont la constante évolution de la langue. Et la conception de la
compétence culturelle comme un système relatif apporte l’immense avantage de ne pas
limiter son enseignement à un inventaire encyclopédique des réalités ; au contraire, à une
étude des aspects constitutifs généraux de la culture par une analyse concrète de ses
manifestations.
+ Compétence de culture étrangère
Dans le cadre de la classe de langues, la culture impliquée dans la langue étrangère
à enseigner est considérée explicitement comme «étrangère». De plus, comme nous
l’avons dit dans la partie précédente, tout membre d'une communauté culturelle donnée
n'aborde pas une culture étrangère véhiculée dans la langue étrangère à enseigner sans être
muni d'un bagage culturel de son propre système culturel qui constitue une sorte de
frontière avec d'autres systèmes culturels, d'autres visions du monde. Dans la rencontre
avec l'Autre apparaissent des points de dysfonctionnement, des situations où peuvent se
développer les significations aberrantes, puisque «dans la confrontation avec l'altérité, les
membres d'une communauté recherchent d'abord le plaisir des retrouvailles avec euxmêmes, la permanence de leur vision du monde» (ibid. : 24, 27). Dans ces contacts de deux
ou plusieurs cultures, l'apprenant trouve le plaisir de découvrir les similitudes ainsi que les
différences d'une autre culture par rapport à son système. Et toute perception de la
différence tend à s'inscrire dans un esprit bien conservateur, dans une recherche narcissique
de l'identité maternelle. Alors, toute la réalité de la culture étrangère est visionnée d'une
part au travers de cette optique maternelle, selon les références propres à son système et


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d'autre part au travers des stéréotypes, une représentation simplifiée et généralisée de la
réalité étrangère façonnée toujours dans le contexte de la culture maternelle.
La compétence culturelle consiste plutôt dans la mise en rapport de ces savoirs
antérieurs avec le vécu immédiat, dans cette capacité d'évaluer intuitivement le savoir


sorte d'étranger de la culture française, une mise à distance de la réalité étrangère (la
distanciation, la différenciation) et, en contrepartie, une objectivation de la culture
maternelle dans les comportements face aux réalités rencontrées dans l'enseignement du
F.L.E . Et certains didacticiens ont proposé le terme de «dialogue des cultures» ou les
relations interculturelles pour les comportements des apprenants dans le cadre d'une classe
de langue.

Il faut rappeler que la compétence culturelle acquise au sein de la communauté
maternelle - l'expérience implicite du monde, fait que les schémas de pensée sont
inexplicables du fait même qu'ils n'ont jamais été présentés comme objets nécessitant une
explication. C'est une vision arbitraire du monde que le natif va utiliser comme un crible
culturel pour tout jugement de valeurs des réalités culturelles de l'Autre en interaction avec
cet étranger.
En effet, un membre d'un groupe social va utiliser ce crible culturel ou en d'autre
terme issu de la psychologie sociale, une «représentation collective» présentée sous
diverses appellations usuelles: «mentalités», «croyances», «valeurs», «visions du monde»,
«attitudes», «opinions», «évaluations», «préjugés», «mythes», «idéologies», «stéréotypes»
... (Henri Boyer «De la compétence ethno-socioculturelle», Le FDLM, No 272) c'est-à-dire
des caractéristiques ainsi que des attitudes associées à telle ou telle culture étrangère de son
propre système culturel, et des savoirs préalables sur cette culture étrangère afin d'entrer en
interaction avec l'Autre. Face à la réalité des faits de la culture étrangère, la mise en
relation de deux cultures entraîne une redéfinition de l'identité maternelle, la
reconnaissance positive ou négative des différences, la production des jugements de
valeurs qui impliquent, dans la diversité de pratiques, la supériorité ou l'infériorité d'une
culture par rapport à l'autre. Et alors, on introduit la notion de «compétence interculturelle»
dans l'étude de la culture et dans l'enseignement du F.L.E, car «toute communication entre
deux personnes d'origines différentes est toujours une relation interculturelle» (P.
Charaudeau, «L'intercuturel: nouvelle mode ou pratique nouvelle», Le FDLM, N°spécial
de Juillet- Août 1987).

Acquérir par là la conscience que l'appartenance nationale d'un individu n'est pas le
principe fondateur de son identité, et qu'il y a d'autres définitions et distinctions
pertinentes.
• Savoir relativiser les différents concepts de «normalité» que les membres de
cultures différentes expriment.
• Savoir identifier une norme de comportement dans une culture étrangère.
• Savoir expliquer cette norme et en prévoir l'application dans une situation donnée,
décrire ou adopter une attitude, un comportement permettant d'être accepté dans une


25

culture étrangère. (Cecilia Bertoletti, «Nous, vous, ils ... stéréotypes identitaires et
compétence interculturelle», Le FDLM, N° 291)
La classe de langue devra donc permettre d'apprendre à percevoir les implicites
autour desquels s'organisent les communautés culturelles et notre propre communauté en
tant qu’un membre; à percevoir donc le fonctionnement de notre propre système. C'est
dans cette alternance d'ombre et de lumière que se situe l'apprentissage de la relativité.
«Pour dépasser les effets désastreux de l'ethnocentrisme, l'homme doit juguler la hantise
de l'inconnu et du vide, maîtriser les démarches d'autonomie » (Zarate, 1986 : 37), se
regarder lui-même sans complaisance. Et c'est une prise de conscience de l'identité : dans
la confrontation avec l'Autre se construit une définition de soi.
1.4. Enseignement du F.L.E et de la culture
1.4.1. Objectifs de l’enseignement des langues étrangères
Dans Culture et éducation en langue étrangère, (1992 , p.30) Michaël Byram
présente les objectifs de l’enseignement des langues étrangères et les classes en quatre
grandes catégories.
La première catégorie, intitulée «Communication», comprend deux objectifs :
- «Développer la capacité d’utiliser la langue efficacement à des fins de
communication pratique.»

au long de son cursus, on peut inciter l’apprenant à examiner ce qu’il connait avec un autre
regard, notamment en ce qui concerne le comportement humain ; ainsi ses horizons seront
élargis et les sentiments d’ethnocentrisme pourront se dissiper.
1.4.2. Langue et culture.
Dès les années 70, on a commencé à s'intéresser à la relation entre la langue et la
culture dans les travaux de recherche sur la culture en psycholinguistique et
sociolinguistique. Mais il faut préciser que la conception de la «culture», quelle que soit la
culture savante ou la culture quotidienne, n'est jamais séparée de celle de la langue. La
langue n'est pas simplement un système formel de signes (Besse, 1992), un ensemble de
réalités abstraites logiquement structurées, mais d’abord et surtout une pratique sociale (L.
Porcher, 1986). La langue constitue alors un système important d'emblèmes, voire le plus
important de la culture. La langue, c'est le reflet de la culture. En effet, elle joue un rôle
primordial non seulement dans l’élaboration d’une culture, mais aussi dans son évolution,
parce qu’au moyen de la langue, on peut codifier toutes les autres composantes d'une
culture donnée et qu’au moyen de la langue, on peut étudier, enseigner ou apprendre une
culture (Besse, 1992). De plus, le lexique d'une langue donnée reflète toujours les réalités
et les façons de pensée, de raisonnement caractéristiques de la communauté qui la parle
(les connotations culturelles). Par exemple, à travers les comportements langagiers des
membres d'une communauté linguistique, on peut reconnaître l'organisation hiérarchique
de la société ou de la famille (termes d'adresse, règles de politesse, règles d'interaction ...).


27

Il s’agit de “la connaissance du monde ou savoir acquis et partagé sans lequel il ne peut y
avoir de transaction langagière”. Et il s’agit également de “tout le contexte de
communication sans lequel il ne peut y avoir ni interprétation ni négociation de sens”
(Kramsch, 1988 : 16). La culture et la langue sont sans aucun doute inséparables.
Ainsi, l’enseignement d’une langue implique celui de la culture et de la langue en
question. Selon Michaël Byram (1992), la langue et la culture devraient être étudiées de

étrangères, sont en effet étroitement associées dans leurs evolutions meme et si, nous
trouvons tout à fait evident qu’à present, elles se produisent l’une et l’autre, qu’elles
s’expriment mutullement et qu’elles sont présentes l’une dans l’autre, cette réciprocité,
dénuée de tout rapport de subordination entre la langue et la culture, n’a pas toujours existé
il y a quelque dizaines d’années.
La langue et la culture, objet de l'enseignement du F.L.E sont intimement liées au
cours du développement de la didactique du F.L.E. Ce rapport si étroit n'existait pas il y a
environ 20 ans. La reconnaissance de l'importance de la culture dans l'enseignement du
F.L.E est le fruit de bien des recherches des chercheurs et didacticiens dont
«L'enseignement de la civilisation en question» de Louis Porcher et «Acquiring Crosscultural Competence. Four Stages for Students of French» sous la direction d'Alan
Singerman. L'objectif est de proposer un modèle de réflexion sur la compétence culturelle
en français. Ce modèle a été établi pour deux objectifs : améliorer l'enseignement du
français en fournissant un regard cohérent sur les contextes socioculturels dans lesquels la
langue est employée et contribuer à l'amélioration de la communication interculturelle.
Nous tenterons de dresser une évolution historique de l'enseignement de la culture au cours
de celle de la didactique des langues avec des méthodes et approches essentielles.
Avec les méthodes traditionnelles, la conception la plus ancienne de “culture”
étrangère en classe de langue, est plutôt celle d’une culture savante. Héritée des “belleslettres”, des humanités grecques et latines, elle comprend la connaissance de la littérature
et de quelques arts, de la musique, de la peinture. Un peu de géographie, l’histoire retracée
volontiers à travers les biographies de personnages représentatifs, la complètent. Dans cette
tradition, le contenu culturel, plus ou moins juxtaposé aux contenus linguistiques, va
connaître des variantes, mais le terme de “culture” reste l’équivalent de “civilisation”.
Dans l'enseignement du F.L.E, on travaille essentiellement sur la langue écrite, avec des
cours de «grammaire-traduction» et avec la fréquence exclusive des extraits littéraires, la
culture enseignée est un synonyme parfait de la littérature.
Avec la méthode structuro-globale audio-visuelle (S.G.A.V), en donnant la priorité
à la communication orale, dans le cadre d'un ensemble de situations de simulation, la
réalité de la vie quotidienne a commencé à être introduite dans la classe de langue d'une
manière assez naturelle grâce à l'utilisation systématique des moyens audio-visuels. Certes,


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