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UNIVERSITÉ NATIONALE DE HA NOI
ÉCOLE SUPÉRIEUR DE LANGUES ÉTRANGÈRES
DÉPARTEMENT POST-UNIVERSITÉ
MÉMOIRE DE FIN D’ÉTUDES POST-UNIVERSITAIRE
ÉTUDE CONTRASTIVE DES PHRASES NÉGATIVES EN FRANÇAIS ET EN
VIETNAMIEN AU POINT DE VUE SYNTAXICO-SÉMANTIQUE
(NGHIÊN CỨU ĐỐI CHIẾU CÂU PHỦ ĐỊNH TIẾNG PHÁP TIẾNG VIỆT
TRÊN BÌNH DIỆN CÚ PHÁP- NGỮ NGHĨA)
PRÉSENTÉ PAR : NGUYỄN BÁ TRẠI
SPÉCIALISÉ EN
: LINGUISTIQUE DU FLE
CODE
: 60 22 20
SOUS LA DIRECTION DU : Prof. Dr. PHAN THỊ TÌNH
HÀ NỘI – 2010
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Abréviations en francais
ARTICLE
AUXILIAIRE
COMPLEMENT
INDEFINI
GROUPE ADVERBIAL
GROUPE PREDICAT
GROUPE NOMINAL
GROUPE VERBAL
GROUPE PREPOSITIONEL
NÉGATION
NOM
OBJET
PRÉPOSITION
PROPOSITION
PARTICIPE PASSE
PRONOM
QUELQU’UN
QUANTITATEUR
SUJET
SYNTAGME NOMINAL
VERBE
VERBE CONJUGUÉ
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Abréviations en vietnamien
BN
CN
DT
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TABLE DES MATIÈRES
REMERCIEMENTS .............................................................................................................. 2
TABLE DES MATIÈRES...................................................................................................... 5
INTRODUCTION ................................................................................................................. 7
CHAPITRE 1- LES BASES THEORIQUES ....................................................................... 13
1.1 La négation . .................................................................................................................. 13
1.1.1. Le point de vue philosophique. ................................................................................... 13
1.1.2. Le point de vue logique .............................................................................................. 14
1.1.3. L’objectif de porte-parole dans la communication linguistique. .................................. 17
1.2. La portée de la négation ................................................................................................ 20
1.2.1. La négation propositionnelle et la négation de phrase ................................................. 22
1.2.2. La négation partielle et la négation totale .................................................................... 23
1.2.3. La négation polémique et la négation descriptive ...................................................... 254
1.2.4. La portée et le foyer de la négation ........................................................................... 276
CHAPITRE 2 : LES EXPRESSIONS DE LA NEGATION EN FRANÇAIS ..................... 298
2.1. Les opérations négatives et marqueurs ........................................................................... 28
2.2. Le champ de la négation ................................................................................................ 28
2.3. Le niveaux d’incidence négative.................................................................................... 29
2.4. La négation prédicative ................................................................................................. 30
2.4.1. La négation simple ..................................................................................................... 31
2.4.2. La négation double des actants et des circonstants ...................................................... 35
2.4.3. La négation prédicative des circonstants ..................................................................... 36
2.4.4. La négation multiple ................................................................................................... 37
2.4.5. La négation prédicative discrète ................................................................................. 37
2.4.6. La négation prédicative restrictive (=exceptive) .......................................................... 38
2.5. La négation non prédicative........................................................................................... 39
Présentation du sujet
La négation n'est pas uniquement affaire de syntaxe : elle est aussi sémantique,
logique, pragmatique. Dans cette optique, notre mémoire intitulé «
ETUDE
CONTRASTIVE DE LA PHRASE NEGATIVE EN FRANÇAIS ET EN
VIETNAMIEN AU POINT DE VUE SYNTAXICO-SEMANTIQUE » se concentre
sur la description des éléments syntaxico-sémantiques de la négation en français et en
vietnamien. Nous employerons le français comme langue de base. Notre travail porte
principalement sur les moyens d’expression de la négation et sur la comparaison des
particularités négatives employées dans les deux langues pour trouver des applications
convenables dans l’acquisition linguistique et l’enseignement du français, langue
étrangère.
Raisons du choix
La négation ou l’expression négative a été et est toujours sujet de beaucoup de
discussions des linguistes. La raison en est que souvent, dans la communication
quotidienne, suivant la situation, une forme linguistique peut servir à exprimer des
sens différents et inversement, un sens peut être traduit par plusieurs formes dont la
négation. En effet, on peut exprimer la négation par de différentes formes
(grammaticale, lexicale et morpho-syntaxique.) Ce qui pose d’énormes problèmes aux
apprenants vietnamiens quand ils s’expriment en français. D’autre part, entre les
différentes langues/cultures, il y a des structures négatives et des expressions négatives
différentes. Sur le plan de la théorie, les recherches grammaticales, surtout les
recherches structurales sur la phrase sont un des contenus importants des recherches
syntaxiques à côté de celles basées sur la grammaire traditionnelle ou la grammaire
contemporaine. De plus, parmi les types et formes de phrases classées suivant le but de
communication, les phrases négatives sont le phénomène le plus universel de toutes les
langues du monde.
mots dans les langues dont le français et le vietnamien. En second lieu, ces moyens
ont des champs d’affection différents. On peut caractériser et classifier les phrases
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négatives d’après la portée de la négation par le statut du constituant frappé de
négation. (négation portant sur : le sujet, le prédicat, le complément ou la phrase)
Enfin, il y a beaucoup de moyens d’expression de la négation avec des
différences et ressemblances à tous les niveaux formels, syntaxiques, sémantiques en
français et en vietnamien. Les différences dans les expressions négatives s’expliquent
par le fait que cela dépend du locuteur, de la culture, de l’instruction surtout de la
situation de communication… Cela est dû également au fait que chaque peuple a sa
façon d’expression de la négation. Les vietnamiens emploient, par exemple, le mot AI
dans KHÔNG AI ou KHÔNG + V + AI : Không ai đến cả, Tôi không gặp ai cả mais
en français, on emploie le mot PERSONNE NE ou ne personne: Personne n’est venue,
Je n’ai vu personne et en anglais on emploie le mot NOBODY ou NON ONE :
Nobody/no one came, I saw nobody/no one. ..
Objectifs de la recherche
Dans cette conjoncture sociale et économique, ma recherche fonctionnaliste
s’intéresse aux moyens employés pour exprimer la notion de négation chez les peuples
français et vietnamiens. De là, j’essaie de dégager les ressemblances et différences
entre ces moyens en français et en vietnamien.
Notre étude vise la compréhension et l’emploi de la négation et de quelques
particules de portée négative en français mais également à contribuer à l’acquisition et
de ces moyens chez les vietnamiens apprenant le français. Cet objectif est sollicité entre
autre par le fait que les résultats d’un grand nombre d’études montrent que la maîtrise
des marqueurs de la négation est une tâche difficile pour les apprenants, dans la mesure
où elle nécessite la mise en relation de plusieurs phénomènes structuraux. En effet,
vietnamien. De là, nous établissons les similitudes et les différences entre les deux
langues dans ce domaine.
Pour pouvoir comparer ces aspects, nous analyserons soigneusement la portée
de signification négative dans les phrases négatives du français et du vietnamien. Nous
abordons aussi le rôle du verbe (en français) dans le prédicat de régir les éléments
environnants quand il est nié; le rôle des indéfinis, des quantificateurs dans les phrases
négatives du français et du vietnamien. L’étude de ces mots aidera à mieux
comprendre la similarité et la différence entre les modèles et les variantes des phrases
négatives du français et du vietnamien sur le plan syntaxico-sémantique.
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Méthodologie de recherche
Pour réaliser ce travail, nous avons tout d’abord, collecté des moyens
d’expression négatifs dans les copies des apprenants et aussi dans les textes en français
et en vietnamiens puis les répertoriés.
En deuxième étape, nous appliquons la méthode analytique qui consiste à
décomposer les moyens d’expression négatifs en éléments plus petits, mots, groupe de
mots…Ce travail se fait sur la base des théorie concernant la négation et les phrases
négatives présentées par les linguistes étrangers et vietnamiens.
En troisième lieu, la méthode synthétique est appliquée c’est-à-dire que nous
combinons les éléments pour en tirer les caractéristiques syntaxico-sémantiques et
pragmatiques des moyens négatifs. De là, nous procédons des comparaisons pour
préciser la similitude et la différence, la correspondance et non-correspondance entre
les moyens dans les deux langues française et vietnamienne.
L’étude des différences des modèles du français et du vietnamien aborde non
seulement des signes morphologiques mais encore la coordination des éléments dans
la structure.
le noyau conceptuel fondamental de nier ;
l’ensemble des mécanismes linguistiques qui servent à nier ;
l’opération morphosyntaxique dans laquelle un item lexical nie ou inverse la
signification d’un autre item lexical ou d’une construction.
la caractéristique, d’un point de vue formel ou sémantique, d’un énoncé ou d’un
constituant négatif ;
l’énoncé négativé, par rapport à l’énoncé de référence (donc le résultat de
l'opération de négation).
1.1.La négation
1.1.1. Le point de vue philosophique
En termes de philosophie, la négation est considérée comme une étape
indispensable du développement, les conditions de la transformation de la nature des
choses. Le monde matériel est en mouvement et se développe sans cesse. Une certaine
forme de la matière est née, existée, puis perdue, remplacée par une autre forme. La
philosophie appelle ce remplacement la négation. Ce type négatif est un facteur
1.1.2. Le point de vue logique
Négation logique et négation linguistique
En logique élémentaire, la négation est un opérateur qui se borne à inverser la
valeur de vérité des phrases assertives : si une phrase assertive non négative est vraie,
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la phrase négative correspondante est fausse, et si une phrase assertive non négative est
fausse, la phrase négative correspondante est vraie. L’inversion de la valeur de vérité
est bien sûr aussi un élément essentiel de la négation des langues naturelles, mais du
point de vue linguistique, l’effet de la négation sur la valeur de vérité de la phrase
n’épuise pas la distinction entre phrases positives et phrases négatives, car on observe
que leur utilisation n’a pas les mêmes implications discursives.
Dans les langues naturelles, l’utilisation d’une formulation positive ou d’une
formulation négative pour véhiculer la même information (par exemple Il fait froid / Il
ne fait pas chaud) a des implications discursives : il est en effet normal d’utiliser des
phrases assertives positives pour introduire des informations nouvelles qu’on suppose
simplement ignorées de l’interlocuteur, alors qu’une formulation négative suggère
toujours plus ou moins une valeur de réfutation ou de rectification : le choix d’une
formulation négative implique toujours plus ou moins l’idée qu’on aurait pu penser
que … (et il se peut que vous le pensiez), mais ce n’est pas le cas. Une autre différence
entre la négation de la logique élémentaire et la négation du langage ordinaire est que
la logique élémentaire n’envisage que la négation globale d’un contenu propositionnel
( « ce n’est pas le cas que … »), alors que linguistiquement, la négation interfère avec
la structure informative de la phrase : les marques de négation tendent à être
interprétées comme portant spécifiquement sur un constituant, même lorsque du point
de vue morphosyntaxique elles occupent une place fixe –ex. (1).
(1) a. Jean n’a pas mangé (il a seulement bu)
(4) a. (entendant du bruit dans l’escalier) : On dirait que Jean arrive
b. Ce n’est pas Jean qui arrive, c’est le voisin qui sort la poubelle
(Jean n’arrive pas, le voisin sort la poubelle serait peu naturel dans ce contexte)
En ce qui concerne la portée de la négation, un principe très général est que ne
peuvent être sous la portée de la négation, ni des éléments de l’énoncé en position
détachée –ex.(5), ni des adverbes qui peuvent à première vue sembler faire partie de
l’unité phrastique mais qui opèrent en réalité au niveau de la prise en charge
énonciative de l’unité phrastique –ex. (6).
(5) a. Je ne cherche pas Jean, mais Marie
b. Je ne le cherche pas, Jean, mais Marie
c. Je ne le cherche pas, Jean, je fais même ce que je peux pour ne pas le
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rencontrer
(6) a. Jean ne viendra pas souvent
= Ce n’est pas le cas que Jean viendra souvent
b. Jean ne viendra certainement pas
= Ce n’est certainement pas le cas que Jean viendra
(et non pas Ce n’est pas le cas que Jean viendra certainement)
Un problème particulièrement important et délicat est la question de la négation
des quantificateurs. D’une part, la combinaison de quantificateurs avec la négation
linguistique ordinaire pose souvent (mais de manière variable selon les langues) des
problèmes d’interprétation qui peuvent s’expliquer par des hésitations quant à la
structure logique des phrases combinant quantificateurs et négation. Dans l’ex. (7),
nous voyons que le résultat de la simple addition de marques de négation à la phrase
(a) est une phrase dont la signification n’est pas la négation logique de la phrase (a).
(7) a. Trois étudiants ont été reçus = Il y a trois étudiants reçus
structure logique : pour trois x, x étudiant, x a été reçu
la phrase interrogative ;
la phrase impérative (ou injonctive) ;
(la phrase exclamative).
La négation peut se superposer au moins aux trois premiers types (on parle de
forme négative, ou de transformation négative)
(a) La phrase déclarative (ou assertion)
Ce type confirmé ou non sert à narrer et à décrire un objet avec des
caractéristiques (activité, humeur, relations) de celui-ci, ou un événement avec certains
détails. En termes de logique classique, la phrase déclarative est la seule forme qui
peut dénoter un jugement logique avec une véracité ou une non-véracité. De
communication réelle, cette phrase peut rendre une ordonnance, une demande, une
prière...
(8) Le chat a mangé la sourit → Le chat n’a pas mangé la sourit
En dehors de la structure représentée par ses mots réels et ses mots
supplémentaires, la phrase déclarative utilise aussi les mots modaux pour exprimer la
propre attitude au contenu de la parole ou aux auditeurs ou même simplement à
compléter la phrase.
(9) Tu peux venir → Tu ne peux pas venir
(10) Descends la poubelle ! → Ne descends pas la poubelle !
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(17) Ne crois pas tout ce qu'il raconte !
Dans bon nombre de langues, comme le sanskrit, le grec ancien, l'arménien, le
morphème négatif utilisé dans ce cas diffère du morphème utilisé dans les déclaratives.
(d) La phrase exclamative
La phrase exclamative, lorsqu’elle ne constitue pas simplement une
emphatisation d’une déclarative.
(18) On a gagné !
Ce type de phrase pose également des problèmes de négativation, du moins en
français
(19) Que ce paysage est beau ! → Que ce paysage n’est pas beau ! (On utilisera
plutôt l'antonyme : Que ce paysage est laid !).
Dans le cas des phrases complexes, la négation peut s’appliquer à une
proposition particulière (principale ou subordonnée), ce qui rend épineuse la question
de la valeur de vérité de la phrase dans son ensemble :
(20) Si tu n’étais pas arrivé en retard [subordonnée conditionnelle négative,
contrefactuelle], on aurait pu attraper le bus.
(21) Je ne peux admettre [principale négative à valeur modale] que les choses
se soient passées ainsi.
1.2. La portée de la négation
En syntaxe, la portée négative est comprise comme la signification négative
régissant le constituant principal ou secondaire de la phrase. C’est à dire que la
signification négative agit sur l'ensemble ou une partie des constituants faisant le cadre
Sujet – Prédicat de la phrase appelée le domaine syntaxique.
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(22) Certainement, je ne lui ai pas parlé (= Il est certain que je ne lui aie pas
parlé)
Dans la mesure où le mot n’est qu’une notion syntagmatique, et par conséquent
morphologique, alors que la phrase est une notion syntaxique, on clarifiera peut-être
l’opposition faite entre la prétendue « négation de mot » et la « négation de phrase »,
en parlant d’une « négation de constituant » en face de la « négation de phrase », en
entendant par « constituant » un morphème ou une combinaison de morphèmes qui
forme, à l’intérieur d’une phrase donnée, on appelle un syntagme. Par exemple, les
expressions ni même ou ni non plus, sont suivies d’un groupe nominal analogue :
(24) Jacques n’est pas venu, ni même Paul (ni non plus Paul)
De fait, la négation de constituant ne rend pas négative la phrase où il se trouve,
laquelle reste une phrase affirmative, comme on peut s’en rendre compte dans certains
des exemples où l’on voit que le fameux constituant sur lequel est censée porter cette
négation peut être un simple morphème ou une construction :
(25) Il a trouvé ici quelque chose d'intéressant il n'y a pas longtemps, elle non
plus
(26) Il avait parlé avec quelqu’un d’autre, il n'y a pas tellement longtemps,
non?
(27) Il a épousé une fille pas riche, et toi aussi »
Alors, la négation de constituant porte sur un morphème ou une combinaison de
morphèmes. C’est la négation qui non seulement ne rende pas négative la phrase dont
elle est un des constituants, mais se trouve bel et bien, à chaque fois, dans une phrase
affirmative.
1.2.1. La négation propositionnelle et la négation de phrase
Si, récusant les notions de proposition principale et de proposition
indépendante, on oppose la proposition à la phrase, en disant qu’une proposition est un
constituant de phrase qui, dans un autre contexte, pourrait être une phrase, il convient
de distinguer la négation de proposition de la négation de phrase. Car, même si, au
point de vue du sens, la proposition négative a le même fonctionnement que la phrase
négative, elle ne rend pas pour autant la phrase négative. Elle peut en effet n’être
(33) Je ne vois plus que vous (↔ je vois tout le monde).
La négation totale porte :
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a) sur un verbe ou sur l’ensemble d’un prédicat verbal :
(34) Je n’irai pas (↔ j’irai).
(35) Il n’est pas malade (↔ il est malade).
(36) Il n’a pas d’esprit (↔ il a de l’esprit).
b) sur un autre terme que le verbe :
(37) C’est un livre pas ennuyeux du tout.
(38) Il est étudiant et non surhomme.
1.2.2.2. La négation partielle.
La négation est partielle quand elle implique une limite ou une restriction.
(a) LIMITE. Les adverbes ne… guère, ne… jamais, ne… plus constituent des
négations partielles dans la mesure où elles portent en fait sur le déterminant du verbe
ou sur un attribut.
A la négation totale : il n’y va pas (qui répond à une phrase positive du type : il
y va) s’opposent les négations partielles : il n’y va guère, il n’y va jamais, il n’y va plus
(qui répondent respectivement à des phrases positives du type : il y va souvent, il y va
toujours, il y va encore).
(b) RESTRICTION. Ne… que constitue une restriction partielle dans la mesure où, au
moyen de cet adverbe, on exclut toute personne, toute chose, tout fait, sauf ceux qui
sont symbolisés par le terme précédé de que. (Wagner, & Pinchon, 1962: p.394 et
p.402). On remarquera qu’ici les termes de « négation totale » et de « négation
partielle » prennent un sens particulier, foncièrement sémantique, puisqu’on nous parle
de négation totale à propos d’une négation de mot comme :
un prêtre non assermenté, qui est le contraire de un prêtre assermenté,
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(44) Paul n'est pas riche.
(45) Paul n'est pas riche; il est cousu d'or.
Les énoncés de sous (40), (42), (44) recèlent des négations descriptives, alors
que (41), (43) et (45) renferment des négations polémiques. Selon O. DUCROT
(1973: 123 - 131), cette distinction nous permet de dire que la négation descriptive,
propre à la phrase, est l'affirmation d'un contenu négatif et que la négation polémique,
par contre, est un acte de négation, la réfutation d'un contenu positif exprimé
antérieurement par un énonciateur différent du locuteur ou l'instance énonciative qui
produit cet acte.
Ainsi, (41) peut-il induire la conclusion:
(41') Marc est moins intelligent que Pierre,
tandis que son pendant polémique (41) accrédite une orientation argumentative
inverse. La structure phrastique (42) peut être paraphrasée par:
(42') Il se tait; il garde le silence,
alors que (43) représente par excellence une stratégie discursive, une utilisation
réplicative de la négation. L'énoncé (44) pourra être glosé par:
(44') Paul est pauvre.
Ce posé sera rejeté dans l'énoncé (45), dont la direction argumentative, inverse
de celle induite par (44), va vers des degrés supérieurs de la richesse. La négation
polémique est une stratégie argumentative, basée sur la contestation d'un énoncé
antérieur. Sa valeur polyphonique est incontestable; elle fait intervenir deux instances
énonciatives: l'énonciateur de l'affirmation antérieure et le locuteur de l'énoncé qui
rejette celle-ci. La négation polémique a ainsi un caractère dialogique, réfutatif,
réplicatif, polyphonique. Soient ces autres exemples d'énonciations négatives: