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Maladies oculaires
Rev 08-12-2007

1 . CORPS FLOTTANTS
(Syn.: Myodésopsies, mouches volantes).
Les corps flottants sont dus à la présence anormale d'opacités de densité et de
morphologie variables dans le vitré (voir "Anatomie du globe oculaire").
Dans certaines conditions d'éclairage, leur ombre se projette sur la rétine et leur image se
superpose à celle des objets regardés. Ces artefacts sont toujours mobiles ; ils se
déplacent dans le champ de vision avec un certain retard lors des mouvements du globe
oculaire (comme le fait un dépôt dans une bouteille qu'on agite).
Assez fréquemment rencontrés, ces corps flottants ne revê
tent pas de valeur pathologique
lorsqu'ils sont peu nombreux ; aucun traitement médical ne peut les faire disparaître.
Cependant, leur apparition brutale ou leur augmentation en nombre doivent attirer
l'attention, notamment si le phénomène s'accompagne d'é
clairs lumineux. Dans ce cas, un
examen du fond d'oeil par un médecin ophtalmologiste doit être réalisé dans les plus
brefs délais. Ces corps flottants peuvent en effet être la conséquence d'une hémorragie
intra
-
oculaire et/ou d'une déchirure de rétine. Cette dernière peut être à l'origine d'une
complication grave, le décollement de la rétine (voir "Décollement de la rétine").
2 . D
É
COLLEMENT DE LA R
É
TINE

survenue d'un décollement de celui
-
ci, ces zones rétiniennes fragilisées peuvent se
déchirer ou se trouer. Une brèche est ainsi créée, par laquelle le liquide contenu derrière
le vitré va s'infiltrer et décoller la rétine de proche en proche, entraînant ainsi une
amputation du champ visuel rapide et de plus en plus importante. Cette déchirure
s'accompagne souvent d'éclairs lumineux, visibles même en plein jour.
La
prévention
du décollement de la rétine consiste à rechercher au sein des populations
à
risque, lors d'un examen de routine chez le médecin ophtalmologiste, toute lésion
rétinienne susceptible d'entraîner une déchirure, même en l'absence de signes d'appel
(mouches volantes, éclairs). La découverte de ce type de lésion permet ainsi de traiter
préventivement la rétine malade par photocoagulation au
LASER
.
Le
traitement
de ce décollement de la rétine, une fois constitué, est obligatoirement
chirurgical
.
2) Décollement de la rétine "médical"
:
Le décollement de la rétine peut parfois être secondaire à une affection intra
-oculaire
autre qu'une déhiscence (trou ou déchirure de rétine). Il s'agit en particulier de
soulèvements rétiniens tels qu'on en rencontre dans certaines inflammations intra
-
oculaires graves (voir "Uvéites") ou symptomatiques de la présence d'une lésion sous

et
irréductible de la
pression
intra
-
oculaire. En quelques heures la douleur est intolérable,
et la vision s'effondre.
Le traitement de la crise de G.F.A. est une urgence :
- médicale, afin de faire baisser la pression intra-oculaire le plus rapidement possible
- puis chirurgicale : iridectomie périphérique par LASER, ou au boc opératoire. Cette
intervention met le patient à l'abri d'une récidive.
L'anomalie de l'angle I.
-C. étant le plus souvent bilatérale, le traitement chirurgical sera
appliqué à l'autre oeil de façon préventive.
2) Le glaucome à Angle Ouvert (G.A.O.)
Autrefois appelé Glaucome Chronique, c'est une affection oculaire d'autant plus grave
qu'elle est d'
é
volution lente et pratiquement sans signes d'appel.
Le glaucome à Angle Ouvert est la
cause de cécité la plus fréquente
dans les pays
développés après le diabète.
La maladie est due à une gêne à l'évacuation de l'humeur aqueuse vers les espaces extra
-
oculaires. Dans ce cas, l'angle irido
-
cornéen est d'ouverture normale, mais le "filtre" au
travers duquel l'humeur aqueuse doit passer pour s'évacuer de l'oeil est de mauvaise
qualité. Par voie de conséquence, la pression intra

oeil.
Il peut s'agir d'une forme atrophique d'évolution lente. Mais il peut parfois s'agir d'une
forme "n
é
ovascularis
é
e" : dans ce cas, l'angiographie met en
é
vidence des vaisseaux
anormaux se développant rapidement sous la rétine ; la fragilité de ces vaisseaux entraî
ne
leur rupture, responsable d'hémorragies aux conséquences graves.
La photocoagulation de ces néovaisseaux par le LASER, ou leur traitement par des
injections intra
-vitréennes, permettent assez souvent de les faire régresser, ralentissant
l'évolution de la maladie.
5 . CATARACTE
Voir une cataracte
Elle se caractérise par une opacification du cristallin entraînant une baisse de vue.
D'évolution généralement lentement progressive, elle est la cause d'une baisse de vision
de plus en plus gênante. Au début, le sujet est gêné par une sensibilité anormale à la
lumière (photophobie), surtout marquée sous forte lumière (éblouissement au soleil, ou
lors de la conduite de nuit). Progressivement, la baisse de vision devient de plus en plus
pénible et entrave les gestes les plus courants de la vie, ce qui entraîne l'indication d'une
intervention chirurgicale.
Il existe plusieurs types de cataracte :
-
Cataracte du sujet âgé, la plus fréquente, due au vieillissement du cristallin.
-
Cataracte congénitale, affection familiale, dont la découverte pré

contact ou par lunettes.
L'intervention de cataracte se déroule généralement sous anesthésie locale, ce qui permet
au malade de rentrer chez lui le soir même ou le lendemain. Les suites opé
ratoires sont le
plus souvent simples grâce à un traitement local, mais des pré
cautions s'imposent : pas de
choc ni de pression sur le globe oculaire. La vision est rapidement meilleure, mais il faut
presque un mois pour récupérer une vision définitive.
Bien que la chirurgie de la cataracte soit à l'heure actuelle un geste de chirurgie courante
(environ 500 000 patients y ont eu recours en France en 2006), elle n'est pas exempte de
complications ; dans 1 à 5 % des cas, on peut déplorer des complications inflammatoires,
infectieuses ou hémorragiques.
6 . DIABÈTE ET RÉ TINE
Le diabète est l'
une des causes les plus fréquentes de cécité
.
La maladie diabétique entraîne l'apparition de lésions de la rétine que l'on regroupe sous
le terme de "Rétinopathie diabétique". Complication grave du diabète, elle est la cause
d'une baisse de vision progressive ; elle survient le plus souvent après plusieurs années
d'évolution du diabète ; sa gravité n'est pas toujours proportionnelle à la celle du diabète.
Elle est caractérisée par des lésions touchant essentiellement les capillaires rétiniens.
Ceux
-
ci peuvent présenter des anomalies bien visibles à l'examen du fond d'oeil :
dilatations de leur paroi (microanévrismes), microruptures (entraînant des hémorragies
qui se résorbent peu à peu pour laisser place à des exsudats), perméabilité anormale qui
est à l'origine d'oedème rétinien.
C'est l'angiographie en fluorescence, examen de routine quotidienne, qui permet de
visualiser toutes ces lésions ; elle montre en outre la présence de zones de rétine exclues
de la circulation à la suite de l'oblitération (obstruction) de capillaires. Elle permet

-normale pendant un temps relativement long.
8 . UVÉ ITE ANTÉ RIEURE
(Syn.: Irido
-
cyclite, Iritis)
On désigne sous ce terme une inflammation de la partie antérieure du globe oculaire (iris
et corps ciliaire), pouvant revêtir des tableaux cliniques variables en intensité et dé
pendre
de causes extr
ê
mement diverses.
L'affection est caractộrisộe par l'apparition d'une rougeur de l'oeil accompagnộe d'une
douleur du globe oculaire (celle
-
ci augmente la pression et lors des mouvements du
globe). Rapidement, le malade ressent une baisse de la vision.
Il faut bien se garder de penser qu'il s'agit d'une simple conjonctivite, bien que les signes
de dộbut puissent parfois faire ộvoquer cette affection. Les irido
-
cyclites s'accompagnent
en effet rapidement de complications intra
-
oculaires graves (synộchies, glaucome
secondaire) qui peuvent compromettre la vision de faỗon dộfinitive si le traitement n'est
pas mis en oeuvre rapidement.
Le traitement est bipolaire :
-
traitement symptomatique en premier lieu pour obtenir une sộdation des signes et ộ
viter
l'apparition des complications,

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Comment mettre des gouttes dans les yeux
Rev 22-08-2004
jmm
Instillation d'un collyre
Mettre un collyre dans un oeil
Toutes les gouttes qui servent à soigner les yeux sont des
collyres
, du grec kollurion (onguent). Ce
n'est jamais un traitement anodin, donc il ne faut utiliser que les collyres qui ont été prescrits pour
son cas par l'ophtalmologiste.
Avant
de mettre un collyre dans un oeil, il faut prendre quelques précautions:

vérifier qu'il n'y ait pas eu d'erreur de délivrance du flacon, et que, par exemple, un flacon
d'Atropine à 0,3% ou 0,5% ne soit pas à 1%, ce qui est très important pour les enfants

vérifier qu'on se trompe pas de flacon et qu'il ne soit pas périmé

vérifier qu'il ne soit pas ouvert depuis plus de 15 jours (ou 28 jours pour certains)

bien se laver les mains
L'instillation
se fait simplement, il faut:

incliner un peu la tête vers l'arrière


=>
Les flacons qui ont un
bouchon rouge
servent à dilater la pupille (mydriase). Ceux qui ont un
bouchon bleu
servent, au contraire, à contracter la pupille (myosis).
=>
Quand on met de l'
Atropine
dans les yeux des enfants, il est conseillé d'appuyer avec l'index
pendant une ou deux minutes sur l'angle interne de l'oeil, pourqu'il n'y ait pas d'absorption du
médicament dans le canal lacrymo-nasal. Cela évitera ainsi la diffusion du produit dans l'organisme,
avec ses effets secondaires (accélération du coeur, excitation psychomotrice, sécheresse buccale ).
=>
Il ne faut jamais instiller de
collyres anesthésiques
(Novésine, Cébésine, etc.) car ce ne sont que
des produits destinés à l'examen ophtalmologique, et jamais des traitements. Cela peut aboutir à la
perte de l'oeil.
=>
Il ne faut jamais utiliser de collyres contenant un
corticoïde
sans prescription de l'ophtalmo (par
exemple Chibrocadron, Maxidrol, Bacicoline, etc.). Un traitement inadapté peut, en effet, entraîner
ou favoriser un herpès oculaire, un glaucome, une cataracte ou une infection.
=>
Quand un oeil est rouge et/ou douloureux, il convient de consulter un ophtalmologiste qui
prendra toujours le patient en urgence dans la journé
e. Utiliser des gouttes au hasard, sans diagnostic,
conduit à des situations parfois catastrophiques qui engagent la responsabilité des professionnels.

sont devenus feuilleté
s, car ils n'explosent
plus dans le visage des automobilistes. Une perforation des deux yeux était fréquente il y
a 20 ans. Un autre élément qui est responsable de l'amélioration de la sécurité oculaire,
c'est la meilleure
protection des travailleurs
(industries métalliques, travail du bois ).
Il s'agit là d'un progrès important qui a beaucoup limité les accidents.
Il reste tout de même les
activités sportives
qui peuvent donner des lésions oculaires
variées (tennis, squash, rugby, ).
Il persiste aussi malgré tout une
dangerosité
de certains jouets d'enfants (pistolet à billes
,
arc ), des outils de jardinages (débrousailleuses, tondeuses), de tout ce qui est présent
dans l'
environnement
(bouchon de champagne, fil de fer, branche d'arbre, ongle du
nouveau
-né ).
Nous ne ferons qu'
évoquer ce vaste chapitre, en citant des personnages célèbres qui ont
subi des traumatismes oculaires graves, de l'amiral Nelson
à Louis Braille ou Léon
Gambetta
.
2) Contusions
Il s'agit d'un

précautions
, surtout s'il
y a un oedème palpébral. L'ouverture des paupiè
res doit se faire tout doucement car on ne
sait pas s'il n'y a pas de plaie perforante du globe. En cas de
manoeuvre inadéquate
des
paupières, on peut assister à l'
expulsion du cristallin
par la plaie, parfois suivi par le
vitré et la rétine. Il ne restera alors plus qu'à prévoir une
éviscération
ou une
énucléation
.
Hémorragie sous-conjonctivale
jmm
Les plus graves
de ces contusions sont dues à un
traumatisme violent
par balle de petit
diamètre (tennis ou squash), club de golf, pistolet à billes, carabine à plomb, ou bouchon
de champagne (dramatique).
La
douleur
est nettement plus importante que précédemment, parfois accompagnée de
nausées
et/ou de
vomissement
. Le patient a parfois du mal à se tenir debout, est pâ

traiter
chirurgicalement
l'hématocornée si au bout d'une semaine le tableau ne s'améliore pas
du tout (lavage, ablation des caillots). Cela peut même aboutir à une kératoplastie, avec
tous les risques que cela comporte.
Hématocornée
Le
pronostic
de ces contusions se trouve souvent au niveau du
fond d'oeil
car des
l
é
sions r
é
tiniennes
sont souvent associ
é
es (contusion du p
ô
le post
é
rieur, oed
è
me de
Berlin, décollement de rétine). Le bilan lésionnel comprend une
échographie
quand la
rétine n'est pas visible, éventuellement une
angiographie

diagnostic
est
facile
car le corps étranger cornéen est visible à la lampe à fente, plant
é
dans la cornée. Il rouille très vite, en quelques heures. Il faut donc l'enlever sans trop
tarder car la rouille irrite le segment antérieur et peut entraîner un
oedème localisé de la
cornée
. Si le corps étranger est petit, le patient parfois peut le supporter et ne le faire
enlever qu'au bout de quelques jours. L'ablation est facilitée car le morceau de fer et la
rouille ont formé un agglomérat facile à retirer. Si le grain est incrusté au niveau du
limbe
, l'extraction va être un peu plus délicate car cette zone est très sensible et
douloureuse.
L'ophtalmologiste utilise pour l'ablation des
aiguilles à usage unique
ou bien des
instruments
stérilisables. Un traitement antiseptique est prescrit quelques jours par la
suite, parfois associé à un pansement oculaire occlusif.
Grain de meule cornéen (en bas à droite)
jmm
De nombreux
autres corps étrangers,
non métalliques, peuvent être retirés de la cornée
(poils de chenille
, morceau végétal ).
Les plaies non perforantes
sans corps étranger

graves
et doivent être
diagnostiquées, puis prises en charge dans un service spécialisé d'ophtalmologie.
L'
interrogatoire
est primordial, bien qu'il faille s'en mé
fier comme on l'a vu. Si le patient
dit que l'accident est arrivé lors de l'utilisation d'une
débrousailleuse
, d'un marteau sur
un
burin
, on craint beaucoup la plaie perforante. Les
explosions
sont aussi très
dangereuses pour les yeux.
La
douleur
n'est pas un signe fonctionnel constant, donc il faut se méfier. Les patients
croient souvent que la douleur est proportionnelle à la gravité du traumatisme, ce qui est
faux. Un ulcère par coup d'ongle n'est pas grave mais est très douloureux, alors qu'une
perforation par fil de fer n'est que peu ou pas douloureux, mais est g
é
n
é
ralement grave.
Plaie perforante de l'oeil (morceau de bois)
L'examen
est souvent évident, avec une pupille déformée et une hernie d'iris hors de la
cornée, quand ce n'est pas du vitré ou de la rétine. Devant une lésion cornéenne minime

est all
é
perforer
le globe oculaire en dessous.
Plaie oculaire sévère et contuse
Le bilan précis
doit rechercher des plaies en arrière de la cornée, même si le segment
antérieur est normal. Ainsi on peut déceler une
plaie sclérale
comme sur l'image ci
-
dessous, avec parfois l'émergence de vitré par la plaie. Quand on voit la rétine expulsée
par la plaie, on peut dire que l'oeil est
perdu
. Il faudra tout de même bien l'opérer pour
éviter qu'une inflammation gravissime ne touche l'autre oeil sain. C'est la redoutable
ophtalmie sympathique
qu'on ne voit plus, heureusement, quand le patient est pris en
charge.
La découverte de ces plaies sclérales n'est pas toujours aisée car elles se cachent parfois
sous la conjonctive
. L'oeil est très rouge, la conjonctive hémorragique et la personne
parfois agitée, ce qui rend l'examen difficile, mais il ne faut pas passer à côté de ces
lésions.
Plaie sclérale évidente
Les plaies perforantes
peuvent être dues à la
projection de corps étrangers
. Cela n'a
rien à voir avec le grain de meule. Il s'agit ici de morceaux (métallique souvent) qui

La chalcose
est plus rare. C'est le même phénomène que la sidérose, avec un élément de
cuivre
intra
-
oculaire qui donne quasiment les mêmes signes que la sidérose. L'évolution
est plus rapide vers le
glaucome chalcosique
et l'extinction des signaux électro
-
physiologique signant la destruction des cellules visuelles rétiniennes.

Corps étrangter intra
-
oculaire gauche métallique
Il est parfois possible de voir directement le corps étranger planté dans la rétine, en
examinant le fond d'oeil:
Corps étranger métallique
planté dans la rétine
Les séquellles de ces traumatismes peuvent être observées, de la petite
taie
cornéenne au
gros
délabrement
oculo
-
orbitaire. Dans cet oeil ci
-
dessous les dégâts ont surtout touch
é

 Interdire aux enfants de jouer avec des pistolets à billes, arbalettes, fusils
 Ne jamais toucher un oeil traumatisé.
 Consulter dans la journée un ophtalmologiste qui recevra toujours un patient pour
un traumatisme.
 Ne pas oublier qu'on n'a que deux yeux.
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